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Salmonelles en élevages de poules pondeuses : un nouveau protocole pour une sécurité sanitaire renforcée

La lutte contre les salmonelles en élevages de poules pondeuses franchit une nouvelle étape. Dans un contexte de vigilance renforcée en matière de sécurité des aliments, le cadre réglementaire évolue pour intégrer davantage la prévention et s’appuyer sur un levier désormais central : la vaccination.
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  • Auteur : Diane Delangle
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Depuis plusieurs mois, les discussions entre le ministère de l’Agriculture, l’expertise scientifique de l’Anses et les représentants de la filière œufs — au premier rang desquels le CNPO — ont permis d’aboutir à une évolution notable du dispositif de gestion des salmonelles. Au cœur de cette évolution : la valorisation de la vaccination des poules pondeuses.

Rappelons que sur le plan technique, l’enjeu est clair. La vaccination permet de limiter la présence de salmonelles dans les lots, de réduire l’excrétion bactérienne dans l’environnement d’élevage, et, in fine, d’abaisser le risque de contamination des œufs. Sans rendre cette pratique obligatoire, le nouveau cadre réglementaire choisit de l’encourager fortement, en adaptant les modalités de surveillance en fonction du statut vaccinal des élevages.

Une approche incitative et différenciée

Concrètement, le protocole de dépistage évolue :

  • Dans les élevages vaccinés, les contrôles reposeront désormais uniquement sur des prélèvements de fientes.
  • Dans les élevages non vaccinés, les règles actuelles demeurent : prélèvements sur les fientes et dans l’environnement des animaux.

Cette différenciation constitue un signal fort envoyé à la filière. Elle reconnaît les efforts de prévention des éleveurs engagés dans la vaccination, tout en maintenant un haut niveau d’exigence sanitaire à l’échelle nationale. Sur le terrain, cette simplification des modalités de contrôle pour les élevages vaccinés représente un gain en organisation et en lisibilité, sans compromis sur l’objectif de maîtrise du risque.

Une construction collective avec la filière

Fruit d’un travail engagé depuis 2023, ce nouveau dispositif s’appuie explicitement sur l’expertise scientifique et sur une concertation étroite avec les professionnels. Une méthode saluée par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard : « Je me félicite de la qualité des échanges menés avec le CNPO, l’Anses et l’ensemble des acteurs concernés. Cette démarche partenariale illustre toute l’importance d’un dialogue étroit entre l’administration, l’expertise scientifique et les professionnels pour construire des politiques sanitaires efficaces, proportionnées et partagées. Nous poursuivrons ce travail de concertation afin d’accompagner la mise en œuvre de ces évolutions et d’en assurer le suivi, au service de la santé publique et de la durabilité de la filière avicole. »

Les adaptations réglementaires pour la mise en œuvre du nouveau protocole sont publiées ce jour par arrêté ministériel.

Un enjeu stratégique pour la filière œufs

Au-delà de l’ajustement technique, cette évolution s’inscrit dans une dynamique plus large : renforcer la crédibilité sanitaire de la production française d’œufs, dans un contexte de forte sensibilité des consommateurs et de surveillance accrue des autorités européennes. Ce nouveau dispositif mise sur l’incitation à la vaccination pour optimiser l’efficacité et l’acceptabilité des mesures sanitaires en élevage, et mieux protéger les consommateurs.

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