Rouget : les signaux qui doivent alerter

31 janvier 2020 - Emeline Vienot

« Une mortalité subite et brutale, pas de symptôme ni de lésion », voilà les signaux qui doivent faire penser à la maladie du Rouget dans les élevages de poules pondeuses ayant accès à des parcours extérieurs, a indiqué le Dr Bruno Faure (Réseau Cristal) lors de son intervention à la journée technique organisée par Provimi au mois de janvier. « Des yeux qui coulent, une grosse tête » sont aussi parfois des symptômes signalés par les éleveurs. 

D'ordinaire, le vétérinaire rencontre un à deux cas par an, mais sur le second semestre 2019, il a comptabilisé pas moins de six cas, un peu partout en France.

Cette pathologie survient très rapidement, il n'y a pas de période d'incubation visible, les animaux sont en pleine forme la veille et le lendemain, une mortalité importante est observée en élevage. Il cite l'exemple d'un élevage de 20 000 poules pondeuses plein air âgées de 45 semaines où la mortalité a commencé par 25 morts par jour, pour atteindre 50 par jour à la fin de la semaine et jusqu'à 220/jour par la suite, avec un taux de ponte qui est passé de 92 à 86 %. « Impossible de passer à côté ! », assure le vétérinaire. La mortalité explose encore plus vite si en plus, on a une contamination par E.coli.

La maladie du Rouget est causée par un bacille qui peut se retrouver en septicémie au niveau des poumons, du foie et de la rate, preuve de sa dissémination dans tout l'organisme. Il n'est pas recherché en routine au laboratoire lors de l'examen bactériologique car il demande un milieu de culture spécifique.

Selon l'âge des poules pondeuses, la solution la plus adaptée sera soit de réformer de manière anticipée le lot, soit de vacciner les animaux (par injection) à deux reprises (deux semaines d'intervalle), ce qui permettra de réduire progressivement la mortalité. « Par contre, les traitements antibiotiques ne sont pas efficaces sur du moyen terme contre le bacille du Rouget », précise le vétérinaire.

Concernant la vaccination, le coût s'élève à 12 centimes (deux doses) par poule s'agissant du vaccin commercial, auxquels il faut ajouter la main d'oeuvre. Il existe aussi des autovaccins, mais compte tenu de leur délai de fabrication (5-6 semaines), ils ne sont pas indiqués pour une intervention rapide en élevage de poules pondeuses.

Un autre élément à avoir en tête pour l'éleveur de pondeuses confronté à un cas de Rouget, c'est la nécessité de vacciner les poulettes contre la maladie au minimum les 2 à 3 rotations suivantes car le bâtiment et les parcours sont très fortement contaminés.

Plus d'informations prochainement dans Filières Avicoles

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