Phytothérapie : « rester dans un cadre sécurisé »

9 janvier 2020 - Emeline Vienot

A la journée Itavi dédiée aux professionnels des filières volailles de chair, Isabelle Rouault (DGAl), référente nationale pharmacie à la DRAF de Rennes, a vivement encouragé éleveurs et professionnels de la filière volailles de chair à rester dans le cadre réglementaire concernant l'utilisation de la phytothérapie et de l'aromathérapie. Autrement dit d'y avoir recours uniquement sous couvert d'une ordonnance prescrite par un vétérinaire s'agissant d'un usage thérapeutique, afin de rester dans un cadre sécurisé et ne pas engager leur responsabilité.

« Lorsqu'on parle de phytothérapie ou d'aromathérapie, le cadre le plus sécurisé et le seul possible est celui du médicament vétérinaire », a-t-elle rappelé. Or, aujourd'hui, mis à part le Cothivet destiné au traitement des plaies, il n'existe pas d'autre médicament vétérinaire disposant d'une AMM en volailles. « Aucune demande d'AMM n'a été déposée malgré la mise en place en 2013 d'une redevance minorée (5 000 € au lieu de 20 000 €) puis en 2016 de dossiers allégés pour l’évaluation et l’enregistrement de ces produits », déplore-t-elle.

La DGAl a pourtant encouragé les laboratoires à déposer des AMM pour ces produits. « Un médicament avec AMM est un gage de qualité et de sécurité pour l'utilisateur et le consommateur », argumente-t-elle, sachant que les risques liés à l'utilisation des plantes ne sont pas négligeables. Par exemple, certaines plantes peuvent être confondues, avec des accidents comme avec Aristolochia Fangchi à l’origine d’insuffisance rénale ou la badiane du Japon substituée à la badiane de Chine avec un risque de convulsions chez l’homme, sans compter les possibles interactions médicamenteuses, connues par exemple pour le millepertuis.

Les huiles essentielles, hyper concentrées, sont pour certaines très toxiques pour le système nerveux central (ex : eucalyptus à haute dose), d'autres ont un pouvoir carcinogène (ex : parties aériennes du basilic) ou des propriétés abortives... « Des risques existent, il n’y a aucun doute là-dessus, y compris pour l'animal (mortalité) », affirme-t-elle. 

Plus d'informations dans Filières Avicoles-Février 2020

DE L’ÉLEVAGE A LA TRANSFORMATION DES VOLAILLES ET DES ŒUFS

● L’actualité forte et les données économiques de chaque filière
● De nombreux reportages en élevages et dossiers thématiques
● Les conseils des meilleurs experts en technique et en gestion

Profitez d'une offre découverte 3 mois