Nouvelles stratégies contre les biofilms

4 mai 2020 - Maëva Jégou

Impliqués dans plusieurs pathologies et associées à des pertes économiques, les biofilms nécessitent le développement de nouvelles stratégies.

Les biofilms sont impliqués dans plusieurs pathologies, «notamment les pneumopathies chez les volailles et les ruminants, induites par Pasteurella multocida, les mammites chez les ruminants, les entérites…», souligne Marie Lang, chargée de projet R&D chez Bioarmor en collaboration avec l’université Bretagne sud. Les biofilms sont ainsi associés à des pertes économiques plus ou moins importantes. Selon elle, n’importe quel biofilm (biotique ou abiotique) peut être un problème à partir du moment où il compte une de ces trois bactéries: E. coli qui est présente sur diverses surfaces et montre une forte résistance aux antibiotiques, Listeria monocytogenes, elle aussi présente sur diverses surfaces ou Campylobacter jejuni présente notamment dans les circuits de distribution d’eau. Le biofilm agit comme un bouclier pour les bactéries expliquant en partie leur résistance, «certaines évaluations in vitro montrent qu’il faut utiliser 10 à 1000 fois la dose d’antibiotique habituelle pour l’éliminer!»,indique-t-elle.

De plus, le stade de dormance des bactéries les rend également invulnérables aux antibiotiques. Les bactéries entrent dans ce stade «en réponse à un stress»,précise-t-elle. « La tolérance aux biocides est multifactorielle et liée à la nature même du biocide. On observe parfois une destruction des couches supérieures du biofilm mais pas des couches inférieures induisant une persistance de bactéries au cours du temps»,explique-t-elle.

Ainsi, il faut développer de nouvelles stratégies, telles que :  

  • les huiles essentielles. Ces dernières ont une forte valeur ajoutée car le mélange de molécules réduit les risques d’apparition de résistances.  
  • le développement de surfaces greffées biocompatibles telles que des peintures ou de surfaces limitant l’adhésion de bactéries,le greffage de polysaccharides ou de nanoparticules de TiO2 empêchent le développement du biofilm.  
  • l’utilisation d’enzymes antimicrobiennes et anti-biofilms, dont l’activité repose sur un effet protéolytique, oxydatif ou de dégradation des polysaccharides.  
  • l’utilisation d’enzymes anti-quorum sensing (système de communication entre bactéries du biofilm),  
  • l’application de flores de barrière avec un ensemencement des surfaces avec une flore positive et l’occupation de l’espace limitant l’installation des bactéries pathogènes. 
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