Mise à mort et bien-être animal

22 février 2021 - Filières Avicoles

Comment respecter le bien-être animal lorsqu’il s’agit de mettre à mort un animal en souffrance ? Quelques outils existent, mais aussi quelques flottements juridiques. Les explications de Jocelyn Marguerie, vétérinaire chez Filiavet à Bressuire (79) et référent volaille au sein de Réseau Cristal Services, spécialisé sur les questions de bien-être animal sur l’ensemble des filières volailles.

Quel est l’état des lieux en matière de mise à mort des animaux en souffrance dans les élevages ?

On constate qu’une grande majorité d’éleveurs pratique ces mises à mort correctement, mais dans certains cas, on constate aussi un risque en l’absence de solutions et d’encadrement, avec des animaux qui devraient être mis à mort, mais qui ne le sont pas et qui restent dans une situation de souffrance. Ces défauts de prise en compte de la douleur ne sont jamais faits de manière organisée ou volontaire vis-à-vis des animaux, mais plutôt par manque de solutions.

 Aujourd’hui, le bien-être animal se conçoit, non seulement à l’échelle du lot, mais aussi à l’échelle de chaque individu et la douleur ou la souffrance animale sont des choses qu’on ne peut plus tolérer. Ce que l’on souhaite dire aux éleveurs, c’est : « vous avez ce droit, voire ce devoir, on sait que c’est compliqué donc on va vous amener des solutions ».

Quel est le cadre juridique en matière de bien-être pour les animaux malades ou blessés et ne pouvant pas être sauvés ?

Il y a un règlement européen qui donne un cadre général sur les méthodes de mise à mort, mais il n’existe pas de transposition en droit français pour le moment, donc on est sur une sorte de dérogation européenne. Mais nous sommes convaincus que contrairement à ce que l’on pourrait craindre, les éleveurs n’utilisent pas ce droit dérogatoire en excès, mais plutôt en défaut. Ils nous disent qu’ils ne sont pas éleveurs pour tuer des animaux, ce que je conçois parfaitement. Et notre travail de vétérinaire, dans le conseil au quotidien, c’est d’accompagner les éleveurs sur ce sujet. C’est à nous de leur apporter des solutions pour que les animaux qui ne peuvent pas être soignés puissent avoir une fin digne, rapide et réalisée correctement. Il existe des méthodes répertoriées, mais il y a aussi des trous dans la raquette notamment pour les animaux de plus 5 kg, sur ce qu’on a le droit faire.

Quelles méthodes préconisez-vous ?

Notre travail consiste à apporter des solutions pour que ce soit efficace, sans douleur pour l’animal, avec une perte de conscience immédiate et une mort instantanée et également faisable pour l’éleveur d’un point de vue mécanique et moral. Au sein du groupe Cristal, nous avons notamment mis en place des pinces adaptées aux différents gabarits des animaux, qui permettent par une rupture cervicale instantanée de donner une mort sans souffrance.

Le travail entre l’Itavi et le SNGTV devrait aussi permettre d’apporter d’autres solutions adaptées aux animaux plus gros.

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