Éviter le coup de chaleur, première cause de mortalité à l’arrivée en abattoir

4 décembre 2020 - Filières Avicoles

Le coup de chaleur est la première cause de mortalité durant le transport entre l’élevage et l’abattage. Les causes peuvent être multiples : températures extérieures élevées, ventilation trop faible ou encore mauvaise mise à jeun. Claudio Chimienti, vétérinaire et responsable abattoir pour le réseau Cristal propose quelques conseils pour préparer les animaux à passer cette étape difficile.

Quelles sont les productions les plus fragiles face aux coups de chaleur pendant le transport des volailles jusqu’à l’abattoir ?

Les productions les plus fragiles sont le poulet lourd et le canard gras. Le déséquilibre entre la capacité de leur appareil respiratoire et leur masse corporelle les rend beaucoup plus sensibles aux coups de chaleur, première cause de mort en caisse.

Il faut toujours considérer que les animaux en caisses produisent de la chaleur, un peu comme si nous étions dans un bus bondé. Le dégagement de chaleur corporel des animaux est exacerbé par la densité au m2 qui, dans les caisses, si l’on considère les différents étages, dépasse allègrement les 400 kg/m2 contre 42 kg/m2 maximum en élevage. Par conséquent, l’écart de température entre l’extérieur et l’intérieur des caisses peut facilement atteindre entre 6 °C et 10 °C. Il faut donc considérer que les 15°C du thermomètre extérieur représentent déjà 25°C au milieu de la caisse ! L’éleveur n’a pas chaud mais pour les volailles au milieu de la caisse, le besoin de ventilation est déjà important.

Comment préparer l’animal pour limiter les risques de coups de chaleur pendant le transport ?

Les volailles ne transpirent pas, mais elles évaporent de la salive par voie respiratoire et perdent donc de l’eau. Cette évaporation va générer une perte de poids et surtout de rendement carcasse. Car l’organisme va chercher de l’eau là d’abord dans le sang et ensuite dans les muscles.

Pour la sécurité alimentaire et afin de limiter le risque de contamination des carcasses, il est important d’avoir une bonne mise à jeun, mais pas trop longue, et en même temps d’avoir un apport d’eau suffisant jusqu’au début du ramassage pour compenser cette évaporation liée à la chaleur.

Éventuellement, il peut être même être utile d’ajouter un réhydratant. Certains pensent que le réhydratant mis à la fin constitue de l’argent perdu. Or c’est faux, car l’eau se retrouvera dans la masse musculaire. Les études montrent par ailleurs que le poids des volailles ne cesse de diminuer entre la sortie d’élevage, l’arrivée à l’abattoir et après abattage, car une partie de l’eau constituant l’animal s’est évaporée.

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