Alterbiotique / antibiotique : deux approches radicalement différentes

8 janvier 2021 - Filières Avicoles

Le recours aux solutions alternatives aux antibiotiques demande à l’éleveur de repenser son approche de la santé. Une formation peut s’avérer utile avant de se lancer dans l’utilisation de produits phyto, selon le Dr Thierry Mauvisseau, vétérinaire-conseil pour Labovet conseil en Vendée et référent Alterbiotique pour le groupe Cristal.

Pourquoi la formation est-elle indispensable dans l’utilisation de médecine alternative ?

On n’utilise pas une médecine alternative, préventive ou curative, comme on utilise un traitement antibiotique. En d’autres termes, on ne peut pas remplacer un antibiotique par un traitement alternatif, si auparavant on n’a pas travaillé sur la prévention, notamment la qualité de l’eau, le nettoyage, la désinfection, etc. Si ces prérequis sont bien validés, alors l’éleveur pourra aller vers des médecines alternatives.

Ensuite, il y a la bonne utilisation, car les médecines alternatives nécessitent d’être utilisées à la bonne dose et au bon moment.

Enfin, la formation permet aux éleveurs de se poser les bonnes questions, d’analyser leur consommation et d’identifier le problème infectieux.

Toutes les formations se valent-elles ?

Il existe aujourd’hui une multitude de formations proposées aux éleveurs par des naturopathes, des phytothérapeutes, des aromathérapeutes voire même des formateurs issus de médecines parallèles humaines, etc. En d’autres termes, certaines formations ne sont pas toujours appropriées et peuvent même suggérer d’utiliser des huiles essentielles qui ne sont pas adaptées à la production animale et même interdites, sans évoquer les questions de délais d’attentes, de risques pour le consommateur, etc. Il ne faut pas oublier que le responsable final est l’éleveur.

Il faut donc choisir des formations validées d’un point de vue règlementaire concernant les bonnes pratiques en élevage.

Quelles sont les conditions préalables à l’utilisation de médecines alternatives ?

Avant de recourir à des médecines alternatives, il faut impérativement identifier le pourquoi du comment, c’est-à-dire poser un diagnostic précis de l’infection, essayer d’en analyser la cause, son éventuelle récurrence et si elle peut être corrigée par la prévention.

Par exemple, on n’utilisera pas une huile essentielle pour remplacer un antibiotique sur des troubles digestifs, si la cause de l’infection est liée à la qualité de l’eau. On travaillera plutôt en amont sur celle-ci, ce qui aura pour effet de diminuer très significativement le recours aux antibiotiques. Une fois ce paramètre validé, si vraiment il est encore nécessaire de traiter, à ce moment-là, on utilisera des huiles essentielles.

L’idée n’est pas d’utiliser systématiquement un traitement à base de plantes, mais essayer avant tout de comprendre et corriger le problème à sa source.

Les formations aident donc l’éleveur à se poser les bonnes questions, savoir s’il doit recourir à un traitement alternatif ou s’il a plutôt intérêt à corriger des paramètres d’élevage qui font que le problème apparait de façon récurrente.

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