Trouver la bonne formule pour diversifier son exploitation

En janvier 2007, David Suire, alors âgé de 28 ans, se lançait dans l’élevage de canards de chair. L’atelier de 1100 m2 pour 15 000 canards venait grossir l’exploitation familiale de céréales et bovins viande. 11 ans plus tard, son père étant parti à la retraite, il dirige désormais l’ensemble de l’exploitation avec un associé. Pour Filières Avicoles, il revient sur son expérience dans le canard de chair.

Vous vous êtes lancé dans l’élevage de chair il y a maintenant 11 ans. Qu’est-ce qui a été le plus difficile au début ?

Le premier lot s’est bien passé. Le deuxième a été un peu plus difficile. Nous avons eu quelques soucis sanitaires et de picage. Avec le manque d’expérience, nous n’avions pas suffisamment anticipé ce genre de problèmes.

Qu’avez-vous mis en place les lots suivants pour éviter que ces problèmes ne réapparaissent ?

Les groupements avaient travaillé sur le picage avec une alimentation un peu différenciée. Sur le plan sanitaire, nous avons aussi changé notre façon de nettoyer le bâtiment. À l’origine, avec le système de racleur, nous n’étions pas censés démonter les caillebotis. Mais finalement, on s’est rendu compte que c’était indispensable. Nous ne sortons pas les caillebotis du bâtiment, mais en revanche, on les retourne pour les laver des deux côtés.

Vous ne regrettez pas d’avoir investi dans des racleurs ?

Non, car cela évite d’avoir le lisier sous les pieds pendant tout le lot. On démonte les caillebotis rang par rang en les retournant l’un sur l’autre et on les remonte au fur et à mesure. Le premier vrai nettoyage a donc été plus long et difficile que j’imaginais, essentiellement parce que nous n’avions pas assez prétrempé les caillebotis.

Aujourd’hui, le vide sanitaire dure trois semaines et le nettoyage complet prend 10 jours de travail, quasiment incompressibles.

Avez-vous apporté des modifications au bâtiment ou sur l’équipement ?

Non. J’arrive en bout d’amortissement dans un an. On verra ensuite s’il faut faire des modifications. Je vais sans doute changer les racleurs qui commencent à être usés, mais sinon, l’ensemble du bâtiment vieilli plutôt bien. J’étudie aussi quelques pistes pour valoriser le blé directement dans l’alimentation, pour évaluer s’il y a réellement un intérêt économique.

Prévoyez-vous d’agrandir l’élevage ?

Non. Mon père est à la retraite depuis 2011. L’exploitation comprend déjà 230 hectares, 120 vaches allaitantes en permanence. L’atelier de canard représente environ 1200 heures par an.

Avez-vous subi des conséquences de l’épidémie d’Influenza aviaire ?

Non, mis à part les mesures de biosécurité renforcées et les formations sur la biosécurité. Cependant, nous avons failli être impactés, car un voisin a été touché. C’est un petit éleveur gaveur en vente directe. Son exploitation est située à près d’un kilomètre de la nôtre. Heureusement, nous étions vides au moment où c’est arrivé. Le périmètre de sécurité a été mis en place sans que l’on soit dans la zone.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaiterait s’installer dans l’élevage de volailles de chair pour diversifier une exploitation ?

Je lui dirai : c’est possible ! Économiquement, ça tient la route. Techniquement aussi. Il ne faut pas hésiter à rencontrer des éleveurs pour bien évaluer le travail que ça représente, en termes de volumes, de temps et de contraintes. Car il vaut mieux bien en être conscient avant de démarrer pour éviter la surprise quand les animaux arrivent.

Pour nous, l’élevage de canards est compatible avec notre production de céréales et de bovins, mais il a fallu adapter notre organisation et fixer des priorités, notamment pendant le vide sanitaire.

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