Sylvie et Pascal Chevillard à la tête de quatre poussinières

A 48 ans, Sylvie Chevillard, et son mari Pascal, viennent d’inaugurer deux nouvelles poussinières obscures de 1 200 m2 à ventilation dynamique transversale destinées à l’élevage de futurs repro Gallus chair (couvoir Perrot). La capacité du site implanté en Ille et Vilaine s’élève désormais selon la souche-mini ou lourde- à 30 000/35 000 poulettes, plus les coqs correspondants.

Avec leurs deux nouvelles poussinières inaugurées en mars 2016, Sylvie et Pascal Chevillard se retrouvent à la tête de quatre bâtiments de futurs repro Gallus chair de 1200 m² destinés à fonctionner en bande unique.

Sylvie et Pascal Chevillard… Nous les avions rencontrés au printemps 2014 alors qu'ils faisaient leurs premiers pas dans l’élevage de futurs repro Gallus chair aux côtés du couvoir Perrot après une quinzaine d'années consacrées à l'élevage de futurs reproducteurs dindes en partenariat avec Amice Soquet (Cf Filières Avicoles de mai 2014, p.56). L'exploitation située aux abords de Saint-Malon sur Mel (35) compte par ailleurs un atelier de bovins viande et 64 hectares de céréales.

Le 2 mars dernier, quasiment deux ans après ce premier rendez vous, nous les avons retrouvés à l'occasion d'une porte ouverte organisée sur leur site pour l’inauguration de deux nouvelles poussinières (80 x 15 m) sur sol béton.

Ainsi, le couple, qui approche doucement de la cinquantaine, est désormais à la tête de quatre bâtiments de futurs repro Gallus chair de 1 200 m² destinés à fonctionner en bande unique (2,1-2,2 lots/an) : trois réservés aux poulettes, le quatrième aux coqs. Des investissements importants (300 €/m², 720 000 € pour les deux bâtiments) motivés en partie par l'installation de leurs fils Kévin, prévue dans les trois à quatre prochaines années. Les éleveurs ont pu bénéficié de 30 000 € d'aides dans le cadre du PCAE qui s'ajoutent au coup de pouce du couvoir Perrot (48 €/m² sur la durée d'amortissement, soit 15 ans).

Des bâtiments obscurs avec pièges à lumière

Concernant la réalisation du projet, Sylvie et Pascal Chevillard ont à nouveau fait confiance à la société Serupa pour la construction des bâtiments et à Sodimel pour ce qui est de l'installation du matériel. Les deux intervenants avaient en effet déjà été sollicités afin de remettre sur pied leur poussinière de 1993 détruite dans un incendie en janvier 2013.

Il s'agit de bâtiments dynamiques obscurs construits sur le même modèle : charpente métalique, travées de 4 m, goussets intérieurs de 1,50 m, soubassement en béton allégé isolant, longrines isolées Serlobai développées spécialement pour l’activité élevage par Serupa, bardage Farmwall® avec panneaux isolés (épaisseur 50mm) à protection renforcée. "Les performances thermiques du soubassement font obstacle au transfert de chaleur limitant ainsi les risques de condensation. Et la mousse PIR procure une résistance thermique accrue  (R=2.36), une tenue au feu importante et garantit un respect de la couche d’ozone", précise Loïc Rio.

"Tout a été mis en œuvre pour éviter les entrées de lumière parasites afin que les poulettes ne partent pas en ponte précocement sachant que le transfert en bâtiment ponte a lieu à 21 semaines", précise Dominique Perrot, directeur du couvoir éponyme.

"En cas de ponte précoce, les poules auront par la suite une mauvaise adaptation aux nids", renchérit Marie-Pierre Vilmain, responsable du suivi technique de l'élevage. Des pièges à lumière ont ainsi été installés au niveau des turbines (4 de 40 000 m3/h) et des ventilateurs (5 de 12 500 m3/h), et les jupes du bâtiment redescendent presque jusqu'au sol du côté de la trappe d'entrée d'air (trappe deux zones réglables par mollettes PVC).

Par ailleurs, pour favoriser l’adaptation des poulettes à leur futur habitat et la ponte au nid, 80 mètres de perchoirs équipés d’un caillebotis sur le premier échelon, vont être répartis dans le bâtiment entre les circuits d’alimentation. Un nouveau modèle de perchoirs à base triangulaire, moins encombrants et plus légers que les anciens perchoirs avec châssis rectangulaire, a été prévu dans les nouvelles poussinières. Fabriqués en inox et lattes en plastique, ils peuvent être facilement nettoyés et désinfectés.

Ne pas lésiner sur le nombre d’assiettes

Autres points de vigilance : le confort des animaux et le matériel d'alimentation, car d'eux dépendent en grande partie l'homogénéité du lot de poulettes, et donc les performances ponte (nombre d'OAC/poule).

Les lots sont démarrés sur toute la longueur mais sur un quart du bâtiment avec un seul circuit d'alimentation (sur les 4) et un chauffage localisé par radiants (une rampe de 16 appareils, placée du côté extraction) les 4 à 5 premiers jours, les deux canons à air chaud (Best, 75 kW) prennent ensuite le relais. Plutôt que des grosses turbines "tout ou rien", l’association de ventilateurs et turbines variables doit permettre d’assurer une ventilation progressive et d’éviter les à-coups et les vitesses d’air trop élevées. Au plafond, une isolation en mousse polyuréthane avec entrée d’air déviée pour améliorer le flux d’air.

En poussinière, les assiettes sont privilégiées (ici modèle Vitoo, Roxell) par rapport aux chaînes plates, d’autant plus avec les souches lourdes (moins de soucis locomoteurs et de nervosisme). Et on ne lésine pas sur le nombre : une assiette pour 14 à 16 poulettes selon la souche - Ross 308 ou PM3, et une assiette pour 12 coqs. Pour plus de sécurité, les éleveurs disposent également de l'aliment sur des bandes papier au démarrage.

Les circuits d'alimentation sont mis en route progressivement en fonction de la quantité d'aliment à distribuer (un repas/jour). Au début de la 4ème semaine, les quatre circuits sont descendus. Chaque circuit est alimenté par deux arrivées d’aliment situées au milieu du bâtiment, ce qui permet de remplir toutes les assiettes en même temps sachant qu’en fin de lot la distribution journalière dure maximum 4 minutes.

Possibilité de gérer les animaux en deux groupes

La densité d'élevage se situe entre 9 (lourde) et 10 femelles (mini) par m², et au maximum 5 mâles/m². Trois lignes de néons HF (deux latérales, une centrale) permettent d’assurer un éclairage homogène de la salle d’élevage (néons espacés de 4,5 m). "Aujourd’hui, les néons led et les néons HF sont au même prix, ce qui n’était pas le cas il y a un an lorsque le projet a été signé", précise Yves Bondiguel de la société Sodimel.

"La croissance doit être la plus harmonieuse possible. Une pesée est réalisée manuellement toutes les semaines afin de vérifier que la croissance est conforme aux objectifs de poids fournis par les sélectionneurs avec la meilleure homogénéité possible", explique Sylvie Chevillard.

Vers huit semaines, l’éleveuse procède à un tri (calibrage) et gère ensuite au besoin ses animaux en deux groupes avec pour chacun, une quantité d'aliment et un type d'aliment adaptés. La séparation du bâtiment se fait en respectant la norme de 14 poules/assiette. Cette souplesse dans le management des futures repros Gallus chair est permise par la conception du circuit d’alimentation.

Entre 30 000 et 35 000 poulettes

La capacité d’accueil du site de Sylvie et Pascal Chevillard se situe au total entre 30 000 et 35 000 poulettes selon les souches, auxquelles s’ajoutent les coqs correspondants. Plusieurs autres projets de poussinières sont actuellement dans les tuyaux en construction ou en rénovation, "c’est une période faste en projets mais le parc de bâtiments avait besoin de sang neuf, c’est indispensable pour être compétitif demain", déclare Dominique Perrot.

[caption id="attachment_299" align="alignleft" width="300"]Le site de Sylvie et Pascal Chevillard présente une capacité d'accueil comprise entre 30 000 et 35 000 poulettes selon les souches, plus les coqs correspondants. Le site présente une capacité d'accueil de 30 000 à 35 000 poulettes selon les souches, plus les coqs correspondants.[/caption]

Bâtiments de futurs reproducteurs et reproducteurs confondus, ce sont 20 000 m² supplémentaires qui ont ou vont rejoindre le couvoir, il s’agit pour l’essentiel de renouvellement de surfaces et un peu de développement. Le fait est que la volonté du couvoir Perrot est de devenir complètement autonome quant à l’approvisionnement des futurs reproducteurs Gallus, et de ne plus dépendre d’organisations de production extérieures. Il peut aujourd’hui compter sur 55 000 m² de poussinières et 85 000 m² en ponte (135 000 m² au total).

Par ailleurs, le basculement de la demande vers les souches lourdes aux dépens des souches mini entraîne mécaniquement une augmentation des besoins en surfaces estimée à 15 %. Pour information, concernant le couvoir Perrot, le Ross 308 représente actuellement 50 % de la demande en souches standards (80 % des volumes) et devrait encore gagner du terrain dans les mois à venir.

"Nous devons nous adapter au marché sachant que les éleveurs de repros gallus chair équipés de bâtiments répondant aux besoins des souches lourdes, dégagent autant voire plus de revenu qu’avec les souches mini, et ce avec moins de poules", souligne Dominique Perrot.

Orientée à 96 % sur le marché national (50 % Bretagne), et à 4 % sur le marché européen, l’activité du couvoir Perrot n’est que faiblement impactée par les retombées de l’épizootie d’Influenza aviaire dans le Sud-Ouest. "Nous subissons une petite baisse de manière indirecte liée à la réduction des mises en place et aussi à la perte de valorisation sur le marché de la poule de réforme. En début d’année, le prix de la poule repro est descendu à 15 cts d’€/kg contre 60-70 cts/kg en temps normal", précise-t-il.

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