La volière plein air, remède à la cage

En 2013, Vincent Pommier, alors âgé de 23 ans, et sa mère Josette décidaient de diversifier leur exploitation (céréales et troupeau allaitant) avec la construction d’une volière plein air de 30 000 pondeuses à Varennes, dans l’Yonne. Quatre ans plus tard, il fait le point sur son expérience.

Pour vous qui étiez issu du milieu céréalier, qu’est-ce qui a été le plus compliqué au début ?

Sans doute la ponte hors pondoirs. Ce problème arrive tout de suite, alors qu’on ne maitrise pas encore le matériel et qu’on ne connait pas encore bien le comportement des poules. Heureusement, j’étais bien entouré. Cela demande beaucoup d’observation, le soir et le matin. En modulant l’aliment, la lumière et l’eau, on les encourage à aller visiter l’ensemble de la volière. Le soir, si on observe des poules trop statiques qui restent en bas, on doit les obliger à monter, soit en les prenant une à une pour le replacer en haut, ce qui peut prendre du temps, soit en répartissant l’aliment davantage en haut qu’en bas. Et inversement, il faut faire descendre celles qui passent trop de temps en haut, manuellement et/ou avec l’aliment. Ainsi, elles visitent l’ensemble du bâtiment et sont censées avoir vu le nid avant que la période de ponte commence.

J’ai mis un lot pour commencer à maitriser les bases, grâce à l’aide des techniciens. Mais on en apprend encore tous les jours. Chaque lot est différent et nous oblige à nous remettre en question sans cesse.

Vous avez fait le choix d’un élevage en volière plein air. Avec le recul et l’évolution du marché aujourd’hui, comment évaluez-vous ce choix ?

La volière permet de doubler le nombre de volaille par m2 par rapport à un élevage au sol. En revanche, le parcours est agrandi en conséquence. Ce type d’élevage va beaucoup se développer pour remplacer les cages et répondre à la demande du plein air qui ne cesse de croitre. La tendance est visible depuis quelques années, avec la construction de bâtiments de 20 000 ou 30 000 poules, voire 40 000 depuis deux ans. Le bâtiment est mieux rentabilisé, mais probablement que la demande pour les œufs de poules au sol va s’accroitre et que l’on verra aussi des bâtiments sol de plus en plus gros.

À l’époque de la construction, le projet avait été momentanément bloqué en attendant que la demande redémarre. Aujourd’hui, êtes-vous plus confiant ?

Oui, le marché redémarre, grâce à la demande des consommateurs, mais aussi à l’annonce des grandes surfaces de retirer les œufs cage de leur rayon. Par ailleurs, depuis 6 mois, les prix sont plutôt hauts, même pour les œufs cage.

Craignez-vous que la demande des consommateurs évolue et vous oblige à passer sur des bâtiments au sol ?

Non, je crois au contraire que la volière présente de bons résultats d’un point de vue bien-être animal. Cependant, c’est aussi une histoire de communication, si l’on dit au consommateur que c’est mal, il finira par le croire. Personnellement, je trouve que c’est top. Les poules grimpent jusqu’à 2,50 m de haut. Spontanément, elles vont se percher, grimper, elles escaladent le matériel. La nuit, elles sont toutes en haut. Je ne pense pas que vivre au sol leur convienne forcément mieux. Et comme les fientes sur les tapis et le matériel sont évacuées trois fois par semaine, le bâtiment est constamment propre. On évite ainsi les problèmes de nuisibles, les mouches, les rats, etc.

Quelles modifications avez-vous réalisé depuis votre installation ?

J’ai ajouté des sortes de guirlandes lumineuses au premier étage dans les volières, pour doubler les bandeaux LED déjà en place et avoir une lumière plus homogène. Ceux-ci n’étaient pas dans l’axe de la volière, mais décalé de 50 cm, donc il y avait un côté plus lumineux que l’autre.

Côté équipement, vous aviez investi dans une Prinzen, en êtes-vous satisfait ?

Oui, le ramassage dure 1 h 30, nettoyage compris. C’est une machine qui à une capacité de 30 000 œufs à l’heure, mais en réalité la cadence de travail se situe plutôt entre 23 000 et 25 000 œufs à l’heure en moyenne. Nous n’avons pas eu trop de panne, et quand c’est le cas, j’arrive à la réparer moi-même.

On a aussi une table élévatrice. Au début, c’était surtout confortable, mais depuis qu’on est passé à cinq étages de palettes, c’est devenu indispensable.

Vous disposez d’un hangar à fientes, quel est votre retour d’expérience à ce sujet ?

Pour moi, qui suis aussi agriculteur céréalier, c’est indispensable. La fiente est stockée dans de bonnes conditions, toujours au sec. Je n’ai pas de problème de mouches, car la fiente est suffisamment sèche, mais si c’était le cas, cela se contrôlerait facilement.

Le hangar est suffisamment grand pour tenir un an de stockage, car je n’ai qu’une seule période d’épandage par an.

Côté ventilation, la densité vous oblige-t-elle à avoir un équipement assez puissant ?

Oui, c’est des ventilateurs sur le toit qui aspirent l’air du poulailler et l’air est renouvelé sur les côtés. Grâce à la densité des volières, nous pouvons renouveler de grandes quantités d’air, tout en maintenant la température autour de 20 degrés en moyenne. L’ambiance du bâtiment ne descend jamais en dessous de 15 degrés, même en plein hiver, lorsque les températures extérieures atteignent les – 10 degrés. Et ce, tout en renouvelant l’air correctement. Cela joue aussi sur l’indice de consommation. Les poules étant maintenues à bonne température, elles mangent moins, contrairement à d’autres poulaillers, où les bâtiments tombent à 5 degrés et les poules mangent 10 à 20 % de plus pour le même taux de ponte.

La densité ne génère-t-elle pas trop de poussière ?

C’est le point faible du bâtiment. Nous avons une ambiance chaude et sèche, et au sol, il y a 5 cm de litière pour que les poules puissent gratter. Tout cela génère de la poussière, au même niveau qu’un poulailler conventionnel en caillebotis. La fiente au sol est nettoyée une fois par semaine à l’aide de racleur.

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