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Robin Horel : « le futur de la filière avicole s’annonce très positif »

À l’occasion de sa venue en France pour la tenue de l’International Poultry Council (IPC) du 28 au 30 septembre dernier, le président de l’IPC Robin Horel a passé en revue les enjeux qui devaient être au cœur des discussions entre les représentants des États membres et les acteurs de la filière.
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  • Auteur : Filières Avicoles
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Qu’est-ce que l’IPC ?

Nous réunissons 29 pays membres et environ 50 membres associés (entreprises de services, génétique, fournisseurs d’aliments, restaurants, industries pharmaceutiques, etc.).

Nous représentons ainsi plus de 80 % de la production mondiale et 90 % du commerce international de produits avicoles. Nous sommes donc la voix de l’industrie avicole.

Des organisations internationale comme la FAO, l’Organisation mondiale de la santé animale, ou encore la FIA s’adressent à nous en tant que porte-parole de l’industrie avicole.

Quels sont vos objectifs ?

Comme je le disais, nous souhaitons être le porte-parole de l’industrie pour la filière avicole. Nous souhaitons lutter contre les rumeurs et les discours de désinformation des ONG anti-élevage, mais aussi établir des consensus pour pouvoir émettre des positions au nom de toute la filière.

Quels sujets souhaitez-vous aborder lors de ces trois jours de conférences ?

En plus des conférences sur l’alimentation durable et la sécurité alimentaire, nous avons cinq groupes de travail :

– la santé et le bien-être animal

– la sécurité alimentaire

– le commerce international

– la durabilité

– la communication

Ces groupes informeront leur membre de l’avancée de leur plan d’action, émettront des recommandations, voire des propositions de loi qu’ils présenteront à l’assemblée générale et nos membres décideront si ces positions seront retenues et publiées ou non. Cette année, nous avons par exemple publié notre positionnement sur l’influenza aviaire et la vaccination.

Quels sont pour vous les enjeux pour les années à venir ?

À mon avis, les trois sujets d’importance pour les années à venir sont la durabilité des modes de production. Nous devons continuer de faire ce que nous faisons, mais améliorer notre façon de communiquer sur ce que nous faisons. Car les ONG et les acteurs anti-élevage sont très doués en communication et je ne pense pas que nous avons suffisamment bien communiqué sur ce que nous faisons, sur le fait que nous sommes une industrie durable, que notre empreinte carbone est bien plus réduite que d’autres élevages, avec un très bon indice de conversion, etc.

L’influenza aviaire est également un enjeu sur lequel nous devons avancer, avec la question de la vaccination.

Quels sont vos points d’attention concernant le commerce international ?

Sur un sujet comme celui-ci, pour une organisation comme la nôtre, nous avons généralement des positionnements pour et d’autres contre. C’est pourquoi nous ne souhaitons pas rentrer dans les conflits, mais plutôt discuter des grands principes de commerce équitable, de marché libre, de la nécessité de faire tomber les frontières qui freinent le commerce international, etc. afin d’établir un consensus.

Un des sujets concerne par exemple la vaccination contre l’influenza au regard du commerce international. Certains pays n’ont pas de stock de parentaux et grands parentaux, et c’est pourquoi le commerce ne peut pas être interrompu. Nous devrons inévitablement passer par la vaccination pour lutter contre l’influenza, mais cela ne devra pas freiner le commerce international.

Comment conjuguez-vous l’encouragement des marchés libres et la volonté de certains pays comme la France de reconquérir leur marché intérieur ?

Au Canada, nous pratiquons la « gestion de l’approvisionnement », ce qui signifie que les producteurs décident de quotas de production et le prix de vente. Résultats, ils protègent leur revenu, mais leurs produits sont aussi plus chers que quasiment n’importe quel autre produit international. Ce modèle a des avantages et des inconvénients.

La sécurité alimentaire a deux enjeux : le pays s’assure d’avoir une production intérieure suffisante, mais souhaite aussi importer des produits qu’il ne peut pas concurrencer, ou encore des aliments ou de la génétique qu’il n’est pas en mesure de produire. L’enjeu est de trouver l’équilibre. Mais en général, nous sommes certainement en faveur du commerce international, mais nous comprenons que chaque pays souhaite protéger une part de sa production domestique.

Votre regard sur l’actuelle montée des prix de l’aliment ?

Le prix de l’aliment est bien sûr la plus importante charge dans la production de volaille. Mais grâce à notre indice de conversion bien meilleur que le bœuf ou le porc, cela nous affecte beaucoup moins. Et sur ces périodes d’inflation, on voit que la volaille s’est sort mieux et notre part de marché augmente même un peu.

Plus globalement, malgré cette période Covid, malgré l’influenza aviaire, et les difficultés d’approvisionnement, la filière avicole est en croissance. La viande de volaille est maintenant la viande la plus répandue à travers le monde, la plus produite, la plus commercialisée et nous prévoyons une croissance continue. Le futur de la filière s’annonce très positif.

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