Quels enseignements tirer de la dernière épizootie d’influenza aviaire ?
Dans le cadre de la table ronde organisée par le Groupe Grimaud au Space de Rennes, cinq experts de la filière ont débattu sur la gestion de la crise de l’Influenza aviaire.
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Auteur : Mathilde Brion
Arrivée dans le sud-ouest de la France en novembre 2021, l’épizootie a pulvérisé les projections des spécialistes en déferlant sur l’ouest du pays en trois vagues successives. « Dès le premier épisode, on a identifié un virus H5N1 qui était un réassortant du virus H5N8 qui nous avait touché les années précédentes. Il présentait des propriétés différentes que celles qu’on avait connu, comme le tropisme d’espèces modifié et une contagiosité plus forte pour le poulet » rappelle Jean-Luc Guérin, directeur de laboratoire IHAP de la chair biosécurité aviaire.
Au printemps, la virulence tout à fait inédite de la seconde vague a pris tout le monde de court en se propageant à l’ensemble de la région ouest. « Cela a remis en cause de nombreux principes. On pensait que le grand ouest et notamment les Pays de la Loire, compte tenu du type de bâtiments et de biosécurité dont ils sont équipés, étaient davantage à l’abri. Cela amène à réévaluer les propriétés de diffusion du virus » commente le spécialiste.
Plus lente mais néanmoins tout aussi virulente, la troisième poussée épidémique semble portée par la faune sauvage doublée d’une évolution des propriétés virales avec plusieurs réassortants qui circulent conjointement. « Cette forme virale semble s’être installée de manière plus stable dans le compartiment sauvage avec une forme d’endémicité. Or comme on a pu le voir avec nos confrères américains, c’est avant tout un phénomène global et non pas une spécificité française. Il faut se préparer à vivre avec » ajoute-t-il. En tout, le bilan particulièrement lourd s’élève à 1.400 foyers en élevage et 20 millions d’animaux abattus, pour un coût estimé à 1,100 milliards.
Quels enseignements tirer de la dernière épizootie d’influenza aviaire ?