Nouvelle vie pour cinq anciens Louisiane

Un sol bétonné, une lumière naturelle (3 % de la surface au sol), une prise en compte de l'intégration paysagère mais aussi des bâtiments et un type de ventilation capables d'assurer le confort des animaux et d'assurer un renouvellement d'air adéquat...Voilà à quoi ressemble le site d'élevage repris et rénové par David Paboeuf, éleveur en partenariat avec Huttepain Bretagne.paboeuffamilleLe site de cinq bâtiments statiques Louisiane de 1 200 m2 construits en 1993 par Pascal Neelz sur la commune de Bovel en Ille-et-Vilaine vient d'entamer une seconde vie sous l'impulsion de David Paboeuf (27 ans). Passionné d'élevage, le jeune homme a en effet décidé de s'installer dans l'aviculture après plusieurs expériences dans le métier, notamment en tant que salarié sur l'exploitation de Pascal.Les rôles sont aujourd'hui inversés : David est désormais à la tête du site et emploie Pascal comme salarié à temps plein, des soucis de santé ayant poussé ce dernier à lever le pied. Le fait que David ne soit pas novice dans la volaille, qu'il ait déjà une bonne connaissance du site et une bonne entente dans le travail avec Pascal ont été des arguments favorables à l'obtention du feu vert de la Banque populaire, partenaire financier du projet. Mais bien entendu, les éléments déterminants ont été la crédibilité de l'étude de rentabilité basée sur la moyenne des performances des 66 % (8,70 €/lot de marge PA) de l'organisation de production Huttepain Bretagne et celle du partenaire aval, en l'occurrence le groupe LDC, n°1 de la volaille en France et en Europe.Il a bénéficié de l'offre PremiumPour ce projet qui s'est élevé au final à 175 €/m² tout compris, David Paboeuf a bénéficié d'une part des aides à la reprise octroyées par LDC amont, à savoir 10 €/m². Et d'autre part, de l'aide spécifique mise en place par LDC Amont dans le cadre de son plan bâtiment 2015-2020. Cette dernière vise à encourager la construction de poulaillers conformes aux attentes sociétales, environnementales et de bien-être, et ayant aussi une signature commune en termes de bardages afin de permettre une meilleure visibilité des bâtiments d'élevage travaillant avec le groupe LDC. Concrètement, l'offre Premium finance à hauteur de 40 % les investissements suivants : aménagement de fenêtres double vitrage dont la surface équivaut à 3 % de la surface au sol, réalisation d'un sol bétonné, implantation de 360 m² de haies bocagères, choix de bardages PVC imitation bois en pignon. Ainsi, David Paboeuf a bénéficié au total de 163 200 € d'aides émanant du pôle LDC Amont (60 000 € pour la reprise, 103 200 € pour l'offre Premium). « Concernant les bardages, plusieurs choix de couleurs sont possibles en fonction des contraintes paysagères, des régions et des préférences de l'éleveur », précise Dylan Chevalier (service communication de LDC Amont).15 000 m² de dalles bétonAinsi, la rénovation des bâtiments a été confiée à la société Agriméné pour l'aménagement intérieur en partenariat avec les sociétés GT de Pléné-Jugon (22) concernant le bâtiment et Tuffigo-Rapidex pour la ventilation. « Ce projet a été l’objet d’un véritable dialogue entre les différents partenaires », commente Jean-Yves Rault (Agriméné). La toiture et la partie supérieure des panneaux latéraux (solidaire de la toiture) n'ont pas été modifiées. La société GT s'est ainsi chargée de la dépose des panneaux (1,80 m de hauteur) avec revêtement deux faces en alu laqué (épaisseur de tôle de 6/10) et isolation de 5 cm de mousse de polyuréthane, de l'installation des fenêtres (2,6 m x 0,56 m) avec châssis PVC fixe et double vitrage 4/6/4 pouvant si besoin être obturées via une tôle alu (20/10) placée à l'extérieur, et aussi des bardages PVC imitation bois teinte bleu/gris installés en pignon.[caption id="attachment_381" align="alignleft" width="300"]Le sol des poulaillers (BMA Construction) comprend 13 cm de béton ferraillé ST 15 C traité anti-acidité dans la masse avec une isolation de 4 cm. Le sol des poulaillers (BMA Construction) comprend 13 cm de béton ferraillé ST 15 C traité anti-acidité dans la masse avec une isolation de 4 cm.[/caption]Les travaux de maçonnerie, la station de compostage, le stockage du compost, les aires bétonnées et les sols bétonnés sont l'oeuvre de la société BMA Construction (Plélan Le Grand, 35). Les longrines d'origine ont été agrandies et leur pan supérieur biseauté afin d'empêcher les volailles de monter, l'isolation se fait par l'extérieur puisque les panneaux sandwiches redescendent jusqu'aux fondations. Le sol des poulaillers comprend 13 cm de béton ferraillé ST 15 C traité anti-acidité dans la masse avec une isolation de 4 cm. « Comparé aux sols bétonnés quartzés non traités anti-acidité dans la masse, on a une meilleure longévité si l'empierrement a été réalisé correctement : de l'ordre de 30 ans », assure Vincent Boivin (BMA Construction). En ajoutant les dallages extérieurs (15 cm de béton), ce sont en tout 1 700 m3 de béton qui ont été coulés, pour 15 000 m² de dalles dont 6 000 m² surfacés (24,75 €/m²). La partie terrassement/réseaux a été réalisée par la société Wester, les travaux d'empierrement comprennent un décapage sur 40 cm, 25 cm de gros bloc et une couche de finition de 10 cm de gravier fin (0,20).Ventilation dynamique latérale pignonLes bâtiments ont été complètement revus en termes de ventilation : de statique, ils sont passés sur un modèle de ventilation dynamique latérale pignon progressive EC Blue géré par un boîtier de régulation Avitouch (Tuffigo-Rapidex).Pendant la phase de démarrage, les trappes d'entrée d'air Kan'air avec kit de décalage, sont ouvertes sur un seul côté mais sur toute la longueur du bâtiment à raison d'une trappe sur deux. L'extraction se fait via six ventilateurs latéraux EC 450 (7 500 m3/heure) qui vont fonctionner en alternance par groupe de deux en doseur cyclique, explique Yannick Le Corre.[caption id="attachment_320" align="alignleft" width="300"]Les trappes d'air, avec kit de décalage, sont ouvertes au démarrage sur un seul côté mais sur toute la longueur du bâtiment à raison d'une trappe sur deux. Les trappes d'air, avec kit de décalage, sont ouvertes au démarrage sur un seul côté mais sur toute la longueur du bâtiment à raison d'une trappe sur deux.[/caption]Au delà de six jours, les ventilateurs EC 450 sont bridés à 4 000 m3/heure (60 % de leur débit), lorsque l'on arrive à saturation avec deux ventilateurs ( 2 x 4 000 m3/h), on passe à quatre ventilateurs en progressif puis à partir de 16 000 m3/heure, les six ventilateurs fonctionnent en progressif.Au delà de 24 000 m3/heure, on passe alors en ventilation pignon, les trappes d'entrée d'air sont ouvertes sur les deux côtés à raison d'une sur deux, mais seulement sur la moitié du bâtiment. Les deux ventilateurs progressifs EC 910 réglés à 50 % sont mis en route, ce qui équivaut à 24 000 m3/heure. Une fois les deux ventilateurs à saturation, une première turbine de 38 000 m3/heure est enclenchée et les deux ventilateurs EC 910 reviennent à 50 %. « Toutes les trappes s'ouvrent automatiquement une fois que la première turbine est actionnée », précise Yannick Le Corre. Quand les deux ventilateurs EC 910 sont à 100 %, une seconde turbine se met en marche, et ainsi de suite jusqu'à quatre turbines. « En ventilation longitudinale, il impératif d'avoir une souplesse dans la variation des débits de ventilation avec des petits paliers de l'ordre de 10 000 m3/heure afin d'éviter les à-coups de vitesses d'air au niveau des animaux », explique-t-il. Au démarrage, « on est sur des renouvellement d'air de l'ordre d'1,4 m3/kg de poids vif et l'on redescend progressivement à 0,8 m3/kg de poids vif en finition », poursuit-il.De chaque côté au dessus des trappes, une rampe de brumisation (buses de 9 litres/heure) sur 60 % de la longueur du bâtiment afin de prévenir les coups de chaleur l'été.A terme, des déflecteurs vont être mis en place à l'intérieur du bâtiment au dessus des trappes d'entrée d'air afin de casser les angles dans le bâtiment et permettre à la veine d'air d'augmenter le plus haut et le plus vite possible. « C'est pour faciliter la gestion de la ventilation en conditions de température négative avec un air froid plus lourd », précise David Paboeuf.Déjà deux lots derrière lui...Le 3 mai, jour de la porte ouverte, l'éleveur s'apprêtait à recevoir son troisième lot de poulets (Ross 308). Néanmoins, il pourra accueillir à l'avenir aussi bien des lots de dindes, la polyvalence du matériel le permettant : trois chaînes d'assiettes Multibeck (Le Roy), dont une ligne centrale rajoutée lors de la rénovation, trois lignes de pipettes multi-directionnelles (Lubing), une ligne centrale de radiants (12 000 W, Systel) placée à 3 m pour un rayonnement large, le tout monté sur treuil électrique.Selon les bâtiments, ce sont deux lignes de néons LED régulables (répartis tous les 5 m) soit de 3 700 K, soit de 5 000 K qui ont été installées afin de voir un éventuel impact de la couleur sur les performances ou le comportement des animaux.Un système de caméra (une par bâtiment) permet à l'éleveur d'observer à distance ses lots sachant qu'il n'habite pas sur le site. Un dispositif qu'il juge complémentaire par rapport à l'option Pack Dialogue : « Une consigne de température ne me renseigne pas sur le confort de mes animaux ou ne va pas me permettre de me rendre compte d'une fuite d'eau ».[caption id="attachment_314" align="alignleft" width="300"]A l'intérieur d'un des bâtiment du site. A l'intérieur d'un des bâtiment du site.[/caption]Animalier dans l'âme, David Paboeuf souhaite mettre tout en oeuvre pour optimiser le confort de ses volailles et leur assurer de bonnes conditions de vie : le choix d'une station de traitement de l'eau Envirolyte (Ocène) va aussi dans ce sens. De même, tous ces bâtiments sont équipés d'une sonde capable de mesurer le taux de CO2. Il a pu ainsi contrôler ce paramètre sur ses deux premiers lots et devrait prochainement pouvoir piloter la ventilation de ses bâtiments en fonction d'une consigne pré-enregistrée, au même titre que la température et l'hygrométrie. « Nous estimons que la consigne optimum se situe entre 4 000 et 4 500 ppm pendant la phase de démarrage pour à la fois garantir une bonne activité des animaux et éviter des dépenses trop importantes en chauffage », affirme pour sa part Yannick Le Corre.Il faudra encore un peu de temps à l'éleveur pour prendre en main son nouvel outil de travail et bien se caler car « si les cinq bâtiments sont identiques, aucun ne réagit vraiment de la même manière », observe-t-il. Parmi les lots déjà sortis, certains avoisinaient les 10 €/m² de marge PA, d'autres étaient plus proches des 8,70 €/m². Des marges de progrès existent donc... C'est tout le challenge que devront relever David et Pascal dans les mois à venir, qui seront également bien occupés par les travaux d'aménagement paysager.[gallery td_select_gallery_slide="slide" ids="380,314,381,321,318,319,320,312,323,313"]
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