La filière pintade veut sauver son savoir-faire

27 novembre 2020 - Mathilde Brion

Le Comité Interprofessionnel de la Pintade (CIP) a alerté les médias sur la mise en péril de la filière à cause de la crise du coronavirus lors de sa conférence de presse organisée à l’Ecole Ferrandi de Paris le 27 octobre dernier. Consommée essentiellement dans la restauration, la pintade paie la fermeture des établissements au prix fort. Or avec elle, c’est tout un pan du patrimoine gastronomique français qui est menacé de disparition.

Bien qu’elle soit la première productrice et exportatrice de pintades au monde, la filière française est aujourd’hui très inquiète pour son avenir. « C’est avant tout une petite filière qui représente un savoir-faire unique au monde. Elle est pourtant en danger de disparition si elle ne retrouve pas d'ici 2021 le volume de mise en place, de consommation et d’exportation d’avant la crise du coronavirus » prévient Jean-Louis Zwick, président du CIP.

Avec ses 32 millions de pintades produites chaque année, la filière est effectivement un segment très confidentiel et spécialisé. Les 19% du marché destinés à l’export, dont 74% en Union Européenne, se sont déjà écroulés de 29,4% lors des 7 premiers mois de l’année à cause de la fermeture des frontières.

Comme ce produit est essentiellement destiné aux restaurants, la reprise a pâti des restrictions sanitaires et des mesures de confinement successives. Cela se répercute de la même manière sur la consommation intérieure destinée à 52% à la restauration hors domicile. La chute de 20% des commandes de découpes pendant le confinement a engendré des stocks dont l’écoulement est aujourd’hui assez problématique pour la filière.

Sur le segment de la consommation à domicile, la diversité des circuits de distribution n’a pas facilité la redistribution des invendus. En effet, bien que la grande distribution soit majoritaire à 65%, les autres modes de distribution ont été pénalisés pendant la crise comme les ventes directes qui représentent 14%, les boucheries à hauteur de 12% et les 9% des transactions sur les marchés.

En tout, les ventes ont marqué un recul de 14,6% sur les 7 premiers mois de l’année. En parallèle, les volumes de production se sont écroulés de 9,9% sur la même période.

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