Il faut mettre les opérateurs face à leurs responsabilités !

Eric Cachan, le président du Synalaf, a confié à Filières Avicoles son point de vue sur le développement des élevages de poules pondeuses bio qui ne respectent pas les recommandations du CNPO et du Synalaf ainsi que la position défendue par le Parlement Européen. La sonnette d'alarme est tirée, et les opérateurs mis face à leurs responsabilités. Y compris les banques...Soutenu par Philippe Juven, le président du CNPO, Eric Cachan a mis en garde les opérateurs et les éleveurs qui ne respectent pas la position interprofessionnelle d'un maximum de 12 000 pondeuses bio par bâtiment (soit quatre lots de 3 000 poules) et 24 000 pondeuses maximum par exploitation. Eric Cachan s'est confié à Filières Avicoles :« Force est de constater que des opérateurs continuent à développer avec des éleveurs des projets de bâtiments de taille supérieure, allant à l'encontre de cette position interprofessionnelle. Chaque opérateur de la filière bio doit être attentif à la cohérence des volumes développés afin d’éviter une crise pour l’ensemble de la filière. Nous ne voudrions pas que certains opérateurs opportunistes emmènent avec eux des éleveurs qui demain, ne sauraient plus faire face à la situation." "Il nous semble impératif de mettre chaque opérateur devant ses responsabilités, y compris les banques ! Nous avons d'ailleurs envoyé un courrier aux banquiers en leur demandant de ne pas financer de tels projets. Ou alors il devront en assumer les conséquences à l'avenir !"Et d'avertir : "Si cette dérive de bâtiments/élevages bio de grande taille venait à être dénoncée par des médias ou des associations de défense des consommateurs ou du bien-être animal, nous ne la défendrions pas".Il poursuit : « La commission réglementation de l'Inao a été sollicitée. Nous attendons que la France se positionne officiellement sur le sujet. De notre côté, nous allons poursuivre nos actions de sensibilisation et continuer d'alerter les organisations bio, Coop de France, etc. afin de tout mettre en œuvre pour stopper cette tendance. Il en va de la pérennité de nos filières ! »Plusieurs raisons sont invoquées, à commencer par la nouvelle réglementation européenne sur l'agriculture biologique. En négociation à Bruxelles depuis 2014, il est envisagé une limitation de taille à 9 000 pondeuses bio par bâtiment et 18 000 pondeuses par exploitation au maximum.« Les projets de nouveaux bâtiments doivent en tenir compte pour ne pas mettre les éleveurs dans l'impasse et en grande difficulté lorsqu'une règle sera définie, d'autant plus qu'elle s’appliquera à tous les élevages existants et pas seulement aux nouvelles constructions. À l'heure actuelle, encourager le développement de bâtiments de taille supérieure à celle préconisée par l'interprofession est irresponsable vis-à-vis des éleveurs qui engagent des investissements importants. »
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