Filière foie gras : Des perspectives sous le poids des incertitudes des capacités de production et de la flambée des coûts

En 2022, l’offre en produits issus de la filière foie gras va poursuivre sa diminution entamée en 2020, d’autant que les réserves de conserves se sont épuisées cette année pour répondre à la demande. La filière se dirige donc vers une 4e année de réduction de la production à l’amplitude incertaine.

En 2021, la France n’a produit que 11 674 tonnes de foie gras, contre 14 593 tonnes en 2020 et encore 16 764 tonnes en 2019. En deux ans, la production française a chuté de plus de 30 % en raison de l’extrême virulence des épisodes successifs d’influenza aviaire.

En 2022, la filière anticipe d’ores et déjà un nouveau recul de la production de foie gras en France. En effet, les élevages du Sud-ouest ont été mis à l’arrêt et 2 millions de canards ont été abattus. Et alors qu’un redémarrage a été annoncé au 29 mars dans la région, l’épizootie touche désormais les Pays de la Loire, qui fournit 72 % des canetons. Les capacités de production prochaines dépendent donc désormais de la maîtrise de la propagation de l’Influenza aviaire dans les élevages de reproducteurs des Pays de la Loire.

La flambée des coûts de production du canard à foie gras : l’indicateur du Cifog

Alors que les coûts de production des professionnels du foie gras connaissaient déjà une hausse spectaculaire, la situation va continuer à se détériorer en raison du conflit ukrainien. Tous les maillons de la filière sont touchés par des hausses de coûts sans précédent. Du côté des éleveurs, la hausse des coûts ne peut pas se résumer à la seule inflation des matières premières pour l’alimentation des palmipèdes. C’est pourquoi, restant fidèle aux exigences de la loi Egalim 2, le Cifog a mis en place un indicateur de référence agrégeant l’ensemble des coûts de production :

  • La hausse des prix de l’aliment + 22 % en 1 an
  • La hausse du prix du caneton + 6 % en 1 an
  • La hausse des charges structurelles comme l’adaptation des bâtiments et du matériel de production face aux risques d’Influenza aviaire + 17,3 % en 1 an
  • La hausse des coûts du transport + 4,4 % en moyenne sur 1 an

En complément de ces hausses de coûts objectivées par l’indicateur de référence du Cifog, les professionnels de la filière rappellent que ces coûts de production vont encore augmenter de façon significative en 2022 et 2023 pour s’adapter aux nouvelles règles de biosécurité afin de lutter contre les risques récurrents d’Influenza aviaire. De plus, à l’ensemble de ces hausses pour la partie agricole, s’ajoutent également des coûts de production pour le maillon transformation à l’aval de la filière : énergie, emballages, transport, main-d’œuvre…

Plus d’informations dans le magazine Filières Avicoles de mai-juin 2022
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