Économie : une filière bousculée de toute part

28 juin 2022 - Maëva Jégou

Pour son dernier webinaire en tant que directeur du pôle économie de l’Itavi, François Cadudal a dressé un état des lieux de l’économie des filières volaille de chair et oeuf en France et en Europe.

Cette année 2022 a été  marquée par différents faits : une levée des restrictions covid entraînant la réouverture d’une partie des débouchées pour les viandes de volaille, en France, en Europe ; l’épizootie d’influenza aviaire avec deux épisodes en 2021 ; ainsi qu’une situation inédite sur toutes les matières premières, sur tous les intrants, avec des difficultés logistiques entraînant une hausse significative des coûts de production sur une deuxième campagne successive ».

Volaille de chair : reprise des exportation

Le commerce extérieur enregistre une forte progression des exportations totales en 2021 par rapport à 2020 est observée, cette hausse a plus que doublée vers les Pays-Bas et vers l’Allemagne qui s’explique pour partie par le Brexit, car « comme le Royaume-Uni est devenu un pays tiers les marchandises qui transitent par la France sont comptabilisées comme des importations puis sont réexportées alors qu’auparavant ce n’était pas compté.

On a une forte hausse des importations en provenance de Pologne, Belgique, Pays-Bas », explique François Cadudal. La conséquence est : un déficit commercial qui tend à se dégrader en 2021, « c’est une tendance de long terme et on a l’impression que c’est en train de s’accélérer. En 2021 on a fait une accélération de tendances historiques », remarque-t-il.

Sur la production de poulets de chair, sur les équilibres de marché entre 2020 et 2021 la consommation globale tous débouchés confondus a repris en 2021, à contrario de la consommation à domicile qui a fortement reculé. « C’est clairement dû à la reprise de la RHD », argumente-t-il. Sur les premiers mois de 2022 « ce que l’on anticipe c’est une baisse de la production de 8 à 9 %. Dans le Sud-Ouest l’offre est moindre, ce qui se prolonge sur la zone ouest avec un impact sur le début de l’année et, espérons-le, une reprise des mises en place en juin/juillet », estime-t-il.

Oeuf : D’un marché excédentaire à déficitaire

En 2021, le marché européen de l’œuf était excédentaire, « la production était en hausse, et la consommation moins dynamique, et les exportations vers les pays tiers avaient fortement progressées, soulignant un besoin de dégager de la matière du marché européen. A contrario les importations s’étaient contractées, affirmant une production suffisante sur le marché européen », argumente-t-il.

En 2022,  l’influenza aviaire combinée à la hausse des coûts de l’aliment entraîne une baisse de la production doublée d’une hausse des prix de l’oeuf.

Ainsi « nous allons passer d’un marché européen excédentaire à déficitaire », résume-t-il. François Cadudal relate l’exemple de Weser-Ems, une région Allemande frontalière avec les Pays-Bas, une flambée des prix a été observées début 2022 qui atteind un niveau de prix de l’œuf équivalent à celui observé lors de la crise Fipronil. L’écart de valorisation entre les codes 2 et 3 s’amenuise. La demande est tellement forte que les clients achètent tout ce qu’ils trouvent sur le marché européen dans l’anticipation d’un manque de matière.

Un effet concomitant de raréfaction de l’offre française avec la raréfaction de l’offre dans d’autres pays de l’Union européenne et dans d’autres régions mondiales est attendu. « La France ne sera pas la seule pénalisée, c’est une situation mondiale. Les autres pays du monde n’auront pas d’excédents afin de combler les importations françaises », assure-t-il.

Plus d’informations dans le prochain numéro de Filières Avicoles
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