Covid 19 : Interrogations autour de la poursuite des importations

27 avril 2020 - Filières Avicoles

Face à la fermeture des écoles et restaurants, la réorganisation de la filière volaille a permis de réorienter les stocks et limiter les pertes. Mais la poursuite des importations en provenance de pays tiers entraine la création de stocks très importants et la destruction massive d'œufs dans les couvoirs et de cheptels chez les reproducteurs.

Alors que le deuxième mois de confinement vient de débuter, les professionnels de la volaille de chair se sont mobilisés et ont tous répondus présents à l'appel du Gouvernement pour assurer la continuité économique et alimentaire du Pays. Cependant, compte tenu de la fermeture des restaurants et des écoles, des stocks se constituent. Ils pourraient atteindre, fin juin, plus de 30 millions de volailles. Aussi, l’interprofession Anvol a sollicité le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation Didier Guillaume, pour demander en urgence :

  • une régulation des importations en provenance des pays tiers,
  • une meilleure mise en avant de l'origine française des volailles en Restauration Hors Domicile (RHD) , 
  • une aide au stockage privé,
  • une aide financière pour mettre en œuvre un plan de sauvegarde, en cours d'élaboration par l’Anvol, en faveur de certaines filières qui risquent de disparaitre comme le canard, la pintade, la caille, le pigeon ou encore le poulet de Bresse. 

Stockage supplémentaire

Sur le marché du poulet et de la dinde, la réorganisation rapide et efficace de la filière a permis à une partie des volumes traditionnellement destinés à la RHD d'être réorientée vers la distribution alimentaire. Si la perte globale de volume sur ces deux productions a pu être limitée, la concurrence des importations a en revanche entrainé la création de stocks très importants (déséquilibre filets, cuisses, ailes), la destruction massive d'œufs dans les couvoirs et de cheptels chez les reproducteurs.

En revanche, les filières canard, pintade, caille, pigeon et poulet de Bresse sont dans des situations catastrophiques. Les ventes ont diminué, atteignant jusqu'à -80 % pour certaines filières. Dans ces conditions, les stocks s'accumulent dans les entreprises et les éleveurs se retrouvent sans activité et sans revenu. Cette situation entraine l'impossibilité de mettre en place des poussins dans les élevages alors que les stocks de viande s'accumulent dans les frigos.

La profession estime que les stocks de viande de volaille à fin juin seraient de 40 000 tonnes. Dans ce contexte, la filière souhaite que l'aide au stockage privé soit élargie à la volaille.

Régulation des importations

Parallèlement, la France doit obtenir de la Commission européenne l'ajustement des importations en provenance des pays tiers pour le second semestre 2020. « La profession ne peut pas accepter que les éleveurs soient au chômage alors que les importations se poursuivent normalement. Ce phénomène est général dans toute l'Europe », dénonce l’Anvol.

Mise en avant de l'origine française

Par ailleurs, pour identifier l'origine française, la filière demande que le décret qui prévoit l'obligation d'étiquetage de l'origine des viandes brutes en restauration (décret attendu pour début juillet) soit étendu aux produits élaborés et transformés de volaille.

De plus, l’interprofession demande que l'indication de l'origine des viandes soit obligatoire dans les appels d'offre des collectivités. 

Enfin, pour favoriser l'écoulement des stocks constitués, l’Anvol s'associe pleinement à l'initiative d'Interbev qui vise à ouvrir la possibilité de privilégier une origine pour certains lots spécifiques dans le cadre de la commande publique via la rédaction d'une ordonnance qui s'inscrirait dans le cadre de mesures exceptionnelles permises par l'article 219 du règlement 1308/2013 portant sur l'Organisation Commune des Marchés.

 Élaboration d'un plan de sauvegarde

La filière va solliciter les pouvoirs publics pour l'aider à financer un plan de sauvegarde des filières en difficultés. Il prévoira les modalités de préservation des reproducteurs et les aides pour accompagner les éleveurs en difficulté. Un chiffrage des pertes est en cours sur chacun des maillons des filières concernées. Ce plan de sauvegarde est fondamental pour éviter de voir disparaître des fleurons de la gastronomie française : canards, pintades, cailles, pigeons.

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