Better Chicken Commitment : quels surcoûts pour la production ?

5 février 2020 - Filières Avicoles

En 2017, une trentaine d’ONG de protection animale européennes ont mis en place un cahier des charges visant à améliorer les standards d’élevage et le bien-être animal. En Europe, une trentaine de distributeurs et restaurateurs se sont engagés dans la démarche. De son côté, l’Anvol s’interroge sur les conséquences de ces nouvelles exigences sur la production.

Casino, les magasins U, Sodebo, Flunch, Auchan, Intermarché… Les restaurateurs et distributeurs sont de plus en plus nombreux à annoncer leur engagement à répondre au critère du Better Chicken Commitment. Ce cahier des charges a été proposé à l’initiative d’une trentaine d’ONG de protection animale européennes, dont CIWF France. Il comprend plusieurs critères destinés à améliorer le bien-être animal :

  • Respecter de la règlementation UE en matière de bien-être animal,
  • Une densité d’élevage maximale de 30 kg/m2. Un seul détassage autorisé,
  • Utiliser des souches spécifiques : Hubbard JA757, 787, 957 ou 987, Rambler Ranger, Ranger Classic et Ranger Gold,
  • Lumière naturelle, complétée pour atteindre au moins 50 lux d’intensité lumineuse,
  • Deux mètres de perchoirs et deux substrats à picorer pour 1000 oiseaux,
  • Pas de système à multi-étages,
  • Étourdissement par atmosphère contrôlée ou une autre technique d’électronarcose efficace n’impliquant pas un accrochage des poulets vivants.
  • Audits indépendants annuels

De son côté, l’Anvol s’interroge sur l’impact de cet engagement sur la production. « Si le marché le demande, la filière française est prête à mettre en œuvre ce nouveau cahier des charges », rappelle-t-elle dans un communiqué. Mais elle met en garde sur un « surcoût non négligeable », qui selon les calculs de l’Itavi, s’élèverait à 27 % (pour un poulet en sortie élevage) de plus par rapport à une production standard.

« Compte tenu de la spécificité des souches intermédiaires qui offrent moins de rendement en viande, ce surcoût s’élève à 40 % (sortie abattoir) sous réserve de pouvoir valoriser l’ensemble des morceaux en ECC (European Chicken Commitment). Dans le cas où seul le filet serait valorisé en ECC, le surcoût grimpera à 59 % », précise l’association interprofessionnelle.

Cette approche représenterait également un coût supplémentaire pour les abattoirs compte tenu des investissements liés à la mise en place d’un système d’étourdissement par atmosphère contrôlée.

« Les professionnels estiment qu’en France, moins de 10 % des abattoirs pourront le faire : moins de 10 abattoirs sont équipés à ce jour », souligne l’Anvol.

DE L’ÉLEVAGE A LA TRANSFORMATION DES VOLAILLES ET DES ŒUFS

● L’actualité forte et les données économiques de chaque filière
● De nombreux reportages en élevages et dossiers thématiques
● Les conseils des meilleurs experts en technique et en gestion

Profitez d'une offre découverte 3 mois