Zoom sur la production d’œufs ukrainienne

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Pendant la crise du Fipronil, les importations d’œufs en provenance des Pays Tiers, et notamment d’Ukraine, ont fortement augmenté dans l’UE. Ces importations vont-elle perdurer de manière structurelle ou s’agit-il de flux opportunistes liés au prix élevé des œufs sur le marché européen ? s’interroge François Cadudal (Itavi).

En tout cas, l’Ukraine bénéficie de contingents communautaires à droits nuls : 3 000 tonnes d’œufs frais, hors OAC (utilisés à 40 % début 2018), 1 500 tonnes d’œufs frais+ ovoproduits (3 000 t en 2021), qui étaient utilisés à 60 % début 2018. «Mais il existe d’autres contingents à droits réduits qui datent de l’OMC qui ne sont aujourd’hui pas exploités et qui pourraient être utilisés », alerte-t-il. Les œufs importés de classe A doivent être issus de poules élevées en cages aménagées, en revanche, il n’y a pas d’exigence particulière concernant les œufs de classe B et les ovoproduits. Les clients habituels de l’Ukraine sont le Proche et Moyen-Orient.

Le différentiel de coût de production entre l’Ukraine et l’UE se situe autour de 15-20 % lié au faible coût des matières premières végétales, à la main d’œuvre bon marché et à la structuration fortement intégrée de l’industrie permettant d’optimiser les coûts et de bénéficier des économies d’échelle. Par contre, la consommation n’est pas très dynamique au niveau national (grande fluctuation des prix selon la saison) en lien avec le poids du secteur informel (particuliers possédant 2-3 poules). Ce dernier représente 45 % de la production d’œufs ukrainienne et a tendance à progresser tandis que la production commerciale (55 %) aux mains de quelques agro-holdings a connu une forte baisse suite à la baisse d’activité du principal acteur Avangard en 2013 liée à des problèmes sanitaires et financiers et à la destruction de certains sites dans les conflits avec la Russie. Son cheptel s’élève actuellement à 9,5 millions de poules (dont 85 % sur deux sites) pour une capacité théorique de 30 millions de PP.

La société Ovostar est aujourd’hui la plus dynamique avec deux sites de production pour un cheptel total de 7 millions de poules pondeuses, dont un million en cages aménagées (normes UE). Elle exporte depuis 2017 des œufs coquille vers l’UE (conditionné et casserie).

Emeline Vienot