Volaille dis-moi d’où tu viens

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L’APVF a réalisé une étude sur les attentes des consommateurs français en matière d’information sur les produits, « l’étiquetage semble être une préoccupation majeure », souligne Anne Richard, directrice de l’Itavi. En effet, « l’enquête réalisée montre que 89 % des Français préfèrent consommer de la volaille d’origine française plutôt qu’étrangère d’où l’importance de l’étiquetage », précise Christian Ragaigne, président de l’Association de promotion de la volaille française (APVF).

« Cette préférence est motivée par une qualité que les consommateurs lui associent, 76 % des Français préfèrent consommer de la volaille française simplement parce qu’elle est produite en France, mais aussi pour son goût (27 %), ses qualités nutritionnelles et la fermeté de sa chair (14 %), son aspect plus appétant (10 %) », détaille-t-il.

De plus, consommer de la volaille française assure une garantie de respect des normes sanitaires et de traçabilité et implique un impact économique positif, « 87 % des Français déclarent qu’ils pourraient être incités à consommer de la volaille française par la garantie que les emplois impliqués dans la production sont situés en France. 

Neuf français sur dix souhaitent une obligation d’affichage dans la restauration classique, que ce soit dans les chaines de restauration, dans les restaurants traditionnels, dans la restauration rapide, mais aussi en boulangerie commercialisant des sandwichs », précise-t-il.

De même, neuf Français sur dix « souhaitent une obligation d’affichage dans la restauration collective, 88 % dans les cantines scolaires, 86 % dans les maisons de retraite ou les hôpitaux », poursuit-il. Le logo « Volaille Française » apposé sur la vitrine d’un restaurant « inciterait huit Français sur dix à y entrer. 72 % réclament un affichage en boulangerie et 69 % en restauration rapide », précise-t-il.

« En 2010, une charte de respect mutuel avait été signée afin de ne pas tromper le consommateur avec le terme “fermier”, il est nécessaire de la remettreà jour, car on observe encore des confusions dans les rayons », réclame Eric Cachan.

Néanmoins, « on observe souvent la confusion entre bien-être animal et mode d’élevage », souligne Anne Richard. « De plus en plus d’études montrent que les citoyens souhaitent voir évoluer les modes de production en aviculture. Ces attentes se traduisent-elles par une évolution des achats des consommateurs ? », questionne-t-elle.

« La filière doit faire face à un certain nombre de paradoxes, la consommation hors domicile augmente alors que 65 % de la demande en poulet pour la RHD est importée », souligne Jean-Yves Ménard, président du Comité interprofessionnel poulet de chair (CIPC).

De plus, le consommateur s’oriente vers des achats « où les poulets subissent des transformations, ils achètent de la découpe (33 % en 1998 contre 48 % en 2018), des produits élaborés qui ont presque doublé en 20 ans (15 % en 1998, 29 % en 2018) alors que 73 % de la production de pouletdes IAA provient d’importations », souligne-t-il.

Autre paradoxe, selon lui, « d’un côté, on a une réelle attente d’évolution du mode d’élevage, alors que de l’autre, le consommateur ne se dirige pas vers du poulet entier, mais vers la RHD ou les élaboréoù le prix a tendance à prédominer sur les autres critères ».

Maëva Jégou

Retrouvez l’intégralité du reportage en détail dans un prochain numéro de Filières Avicoles.