Tetra France arrête son activité

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Après un peu plus de cinq ans d’activité, l’entreprise Tetra France, créée par Loïc Taillandier en partenariat avec le sélectionneur hongrois Babolna Tetra, a été placée en liquidation judiciaire le 13 mars dernier. Le groupe Tetra n’a à ce jour aucun distributeur sur le territoire. « Je n’ai pas été soutenu en tant que distributeur », regrette Loïc Taillandier. Les élevages de reproducteurs cesseront leur production en juin. Concernant les élevages multiplicateurs, des contrats ont été trouvés afin d’assurer leur avenir. Les lots commerciaux seront menés jusqu’à leur fin, puis les éleveurs devront s’orienter vers une autre souche. Les œufs étaient incubés à Anjou Accouvage.

Le groupe hongrois a connu des difficultés sur le marché français, loin de leur culture et habitudes de travail. « Sur le marché français, c’est l’éleveur qui choisit la souche avec laquelle il souhaite travailler, pas l’organisation de production », précise-t-il. De plus, la majorité des essais présentés aux clients potentiels concernaient l’élevage des poules en cage, « à l’heure ou le marché s’oriente vers l’alternatif, il était important d’avoir davantage d’essais sur les souches alternatives », regrette-t-il. « Le marché de la pondeuse en France est mature, avec des souches performantes, il est important de faire évoluer l’ensemble des souches afin de rester compétitif », ajoute-t-il. « Nous avons en partie assuré le dédommagement de lots pour non-conformité (cannibalisme) induisant une perte de clients, il était urgent de faire évoluer la génétique des souches », déplore-t-il.

D’après lui, l’absence d’outil sur place n’était pas rassurant pour les éleveurs, « la mise en place des reproducteurs sans couvoir est un fonctionnement fragile », souligne-t-il.

Loïc Tallandier avait une mise à disposition à Lanrelas (22), ce qui n’était pas le cas à Anjou Accouvage, ne permettant pas de garantir l’approvisionnement des clients dans les délais et volumes souhaités. L’absence d’outil s’est également traduit par un coût de transport élevé.

Concernant le devenir des employés, Loïc Taillandier est à la recherche de nouvelles opportunités, Jean Bunel, technico-commercial, s’était orienté en mai 2018 vers d’autres projets, et Michel Coadou, responsable commercial et technique a quitté le domaine avicole en septembre 2018 et s’est installé à son compte dans une société de services.

Maëva Jégou