Rénovation complète d’un bâtiment en canard

768

Sébastien Fleury est agriculteur à la Chapelle-Thireuil, en Poitou Charente, avec 17 vaches allaitantes, 33 hectares de cultures et prairie et deux bâtiments en volaille : l’un construit fin 2016 de 480 m2 avec 2500 dindes bio et l’autre de 754 m2 datant de 1992 avec 12 000 canards de barbaries. Ce dernier est en cours de rénovation complète.

Avez-vous effectué des modifications sur vos bâtiments ?

Je suis en train de rénover entièrement le bâtiment des canards.

Je remplace les têtes de fermes de la charpente abimées par l’ammoniac, remplacées par des têtes en acier galvanisé, fournis par l’entreprise Dugué. J’ai changé des parties de lanterneaux et plaqué 4 cm de mousse de polyuréthane pour obtenir une isolation de 8 cm au plafond. Ensuite, je changerai les cloches Plasson pour des pipettes. L’éclairage a été légèrement modifié, j’ai rajouté quelques tubes LEDS. Enfin, je remplace les derniers caillebotis en bois par des caillebotis plastiques.

J’ai fini mon lot fin mai et les travaux ont commencé fin juin. Je fais moi-même toute la partie charpente et isolation, avec un peu d’aide, grâce à un télescopique et une nacelle. Toute l’installation des équipements et des pitons est assurée par ELVEO..

Avez-vous des objectifs particuliers avec cette rénovation ?

Je n’ai pas vraiment d’objectifs de marge, car mes marges sont déjà entre 28 et 30 €/m2. Je n’obtiendrai donc pas mieux. L’objectif est de prolonger la durée de vie du bâtiment. La nouvelle charpente en acier galvanisé devrait tenir au moins 20 ans. Toute la visserie est en inox donc ça ne devrait pas bouger.

Avez-vous bénéficié d’aides financières pour réaliser cet investissement ?

Je vais obtenir 20 % de subvention de la part du groupement Bellavol (LDC) pour la partie rénovation de la carcasse du bâtiment. En revanche, je n’ai pas demandé le PCAE, car j’en avais déjà bénéficié lors de la construction du bâtiment dinde. Je pense que je n’y aurais pas eu droit une nouvelle fois sur un laps de temps si court.

En 2017, lors du dernier reportage, vous faisiez votre premier lot de dindes, avez-vous également fait du poulet ?

Oui, j’ai fait deux lots de dindons puis un lot de poulets lourds bio pour la découpe. Puis un nouveau lot de dindons et récemment, un lot de poulets jaunes. Pour l’instant, tous les lots se sont bien déroulés. Je suis au-dessus des objectifs de marge.

Avez-vous une préférence ?

J’aime bien l’élevage de dindons, c’est une production longue, très technique. Sur le plan rémunération, c’est plus intéressant. En revanche, le poulet est plus simple à mettre en place. La dinde est un animal assez capricieux, qui nécessite beaucoup d’attention, surtout au démarrage et à la fin. En plus, nous avons eu un gros coup de chaleur juste avant l’enlèvement, et j’ai perdu une vingtaine d’animaux quinze jours avant l’abattage. Les dindons faisaient 17,5 kg et les journées chaudes les ont éprouvés.

Avez-vous prévu de modifier vos bâtiments pour limiter les prochains coups de chaleur ?

J’ai des ventilateurs que je peux installer au milieu du bâtiment avec une brume basse pression devant chaque ventilateur. Le problème, c’est que l’élevage de dindons a besoin d’être repaillé deux à trois fois par semaine et les ventilateurs gênent le passage du tracteur. C’était compliqué de les décrocher et les remettre à chaque fois donc je ne les avais pas mis. Il faudrait que j’aie plutôt une ligne de brume haute pression, mais cela représente un certain investissement. J’ai aussi pensé mettre une ligne de brume basse pression à l’extérieur du bâtiment, du côté de l’auvent qui donne sur le parcours. Cela rafraichirait l’air qui entre dans le bâtiment.

Car lors des derniers coups de chaud, le tuyau qui alimente l’exploitation alimente le bac à eau des vaches allaitantes s’est percé et j’ai constaté qu’une vingtaine de dindons s’étaient placés dessous et prenaient une douche. Donc une brume extérieure permettrait sans doute de décompresser le bâtiment et soulager les animaux. C’est en réflexion.

Après en bio, c’est difficile de justifier un tel équipement et l’investissement est assez lourd. Mais si cela peut permettre de limiter la casse, ça vaut peut-être le coup. L’assurance n’a pas pris en charge la vingtaine d’animaux décédés, car j’ai une franchise. Il faut peut-être voir s’il existe des assurances sans franchise (ou faible) pour ce type d’événement.

Intégrez-vous vos céréales bio dans l’aliment ?

Oui, par le biais de Terrena. On a une petite ristourne si on leur vend nos céréales, puisque Bodin fait partie du groupe Terrena. Mais je ne peux pas les intégrer directement moi-même. Le dindon est un animal assez réactif au changement et je ne pourrais pas prendre le risque de devoir changer leur alimentation si je me retrouvais à court de féveroles. Puis leur intestin est assez sensible donc on peut vite atteindre des déséquilibres de flore intestinale, des entérites, etc. Mieux vaut avoir un aliment complet bien optimisé. Puis les dindons ont 6 ou 7 formules d’aliment pendant toute la durée du lot.