Orchestrer le vide sanitaire

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La famille Robin au grand complet pour l’installation, accompagnée par le directeur du groupement CDPO, Jean-Marc Philippe (à droite) et Philippe Lapie, responsable technique et développement (à gauche).

En 2013, la famille Robin diversifiait leur exploitation céréalière avec la construction d’un bâtiment de 15 000 pondeuses plein air dans l’Aisne. Le fils, André Robin, travaille aujourd’hui à temps plein sur l’atelier. Pour Filières Avicoles, il fait le point sur cette nouvelle expérience.

Avez-vous effectué des modifications sur le bâtiment depuis votre installation ?

Non, mais l’organisation du travail a été largement modifiée. Avec l’aide d’une entreprise extérieur, nous avons gagné du temps sur le vide sanitaire.

Les premières années, nous attrapions les volailles le soir. Avec l’aide de deux ou trois personnes, nous démontions la salle et sortions l’équipement. Cela nous prenait trois ou quatre jours.

Maintenant, l’entreprise Prodige vient nettoyer le bâtiment. Ils arrivent à 18, attrapent les poules réformées puis démontent le bâtiment dans la soirée en 1 h 30. Le lendemain, je cure le bâtiment pendant deux jours pendant qu’une autre équipe de trois personnes gratte les sols.

Aujourd’hui, le vide sanitaire prend encore un petit mois, mais le rythme de travail était beaucoup plus intense. La première année, nous étions six à travailler sept jours sur sept, pour réussir tout juste à être dans les temps. Tandis que maintenant, c’est plus tranquille. On peut prendre nos weekends. En se débrouillant bien, on pourrait encore réduire cette durée, mais je préfère prendre un mois pour être sur que la désinfection se fasse bien.

Avec la mise en place, cette externalisation nous coute environ 13 000 euros par an, mais on y gagne une meilleure qualité de vie.

Avez-vous dû faire des aménagements pour renforcer la biosécurité ?

Pour la livraison d’aliment, le chauffeur désinfecte bien ses roues avec un petit pulvérisateur. Les techniciens CDPO signent un carnet d’entretien lorsqu’ils passent sur le site, même si pour l’instant cela n’est pas encore obligatoire.

Pour vous qui êtes issu d’une famille de céréaliers, qu’est-ce qui a été le plus difficile au début ?

Cet atelier m’a permis de m’installer sur l’exploitation de mes parents, car sans les poules pondeuses, les cultures ne nous permettaient pas de vivre et travailler à trois.

Le plus difficile au début, c’est la gestion de l’élevage : les intensités de lumière, les heures de passage, etc. Heureusement, nous sommes bien entourés, avec les techniciens de la firme d’aliment et ceux des fournisseurs de volailles. On sait que dès qu’on a un problème, on peut les appeler. Ils viennent faire les pesées de poules, etc.

Y a-t-il encore des choses à améliorer ?

Il y a toujours des choses à améliorer. Sur l’organisation du travail, je pense qu’on a trouvé un équilibre. Sur les performances, on pourrait peut-être prolonger les lots. Au niveau sanitaire et biosécurité, nous aurons sans doute aussi toujours des mesures à renforcer.

Au fur et à mesure des années, on trouve des éléments à améliorer, même si on est aussi de plus en plus confiants.

Êtes-vous satisfait de vos choix d’équipements ?

Oui. Nous avons installé un système de pondoirs central Vencomatic qui nous convient. Le seul bémol concerne l’entretien des machines. Le constructeur a un service après-vente inexistant donc on ne peut pas compter sur eux. Heureusement, nous avons toujours autour de nous des gens qui connaissent un peu le matériel ou l’électricité et qui nous viennent en aide.

Avez-vous des projets à venir ?

On envisage peut-être d’agrandir l’atelier. Des réflexions sont en cours.