Lutte contre les petits ténébrions : alterner les molécules actives !

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En dépit des traitements insecticides mis en œuvre dans les bâtiments d’élevage, les infestations de populations de petits ténébrions sont toujours d’actualité comme l’a confirmé une enquête réalisée par l’Itavi dans 80 poulaillers localisés en France (Bretagne, Pays de la Loire, Rhône-Alpes) et à la Réunion. Le fait est que l’utilisation répétitive des mêmes familles de molécules actives génère des résistances au fil du temps comme l’ont expliqué David Renault et Hervé Colinet (UMR Ecobio, Université Rennes 1) à la dernière journée nationale Itavi  » Volailles de chair » : « Un traitement insecticide ne permet pas d’éradiquer l’ensemble de la population de ténébrions : il va tuer les individus les plus sensibles et maintenir en vie les plus résistants qui vont se reproduire entre eux. Si on applique toujours les mêmes pratiques, au bout de quelques années, on se retrouve avec une population de ténébrions résistante ». Ces deux chercheurs travaillent en partenariat avec l’Itavi dans le cadre du projet Teneblimit financé par FranceAgriMer.

Il est ainsi recommandé d’alterner les familles de molécules utilisées pour les traitements insecticides, comme par exemple organophosphorés et pyréthrinoïdes, et au sein d’une même famille, de changer de produit. « Il faut bien suivre les préconisations des fabricants et éviter les sous-dosages qui vont renforcer l’apparition de résistances aux molécules insecticides chez les ténébrions, sachant que ce n’est pas parce que l’on change de produit que l’on change forcément de molécule active (bien lire l’étiquette) ».