Les options possibles pour les éleveurs en code 3

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« La conversion des élevages de code 3 en système volière de code 2 est beaucoup plus compliquée que la construction d’un bâtiment neuf. Mais les solutions techniques existent, pour tous les cas de figure », a affirmé Romaric Chenut lors de la présentation des premiers résultats de l’étude « Avenir des élevages de poules pondeuses » à la Journée Itavi du 7 décembre. Le coût d’investissement varie entre 14 et 20 €/place.

D’après les premiers retours d’expérience, les résultats techniques sont au rendez-vous, et les problèmes de poussières et de ponte au sol ne pas aussi critiques qu’escomptés… « Il n’est pas nécessaire de réaliser un balayage quotidien, par contre un nettoyage des sols mensuel s’impose », précise-t-il. Dans la plupart des systèmes, le fonctionnement en volière demande à l’éleveur un travail quotidien (7j/7), le ramassage des œufs pondus au sol consomme en moyenne une heure par jour.

Parmi les points négatifs relevés, les problèmes d’accessibilité à la volière et de sécurité pour les équipes d’enlèvement. L’exposition aux facteurs de stress, pouvant entrainer du picage, est plus importante. Les premiers éleveurs ayant franchi le pas soulignent qu’« il est important de bien sécuriser la prophylaxie ».

Certains éleveurs ayant des terres à proximité de leur bâtiment ont la possibilité d’opter pour la volière plein air (code 1). « Les aspects ventilation, gestion d’ambiance, gestion des parcours et accès aux parcours doivent être bien réfléchis », recommande-t-il.

Romaric Chenut a par ailleurs évoqué une transformation à moindre coût (2 à 5 €/poule seulement) qui consiste à ouvrir les cages aménagées et à supprimer la rangée du bas. Cependant cette option reste marginale ; elle suppose une configuration de bâtiment et un matériel adéquats, et également de couvrir les mangeoires et d’ajouter des perchoirs. «  Cela demande une très bonne maîtrise technique et aussi plus de travail à l’éleveur. Les poulettes doivent avoir été élevées en volière pour que cela fonctionne correctement », insiste-t-il. Attention au respect de la réglementation et au maintien de bonnes conditions d’ambiance et sanitaires.

Les jardins d’hiver très tendance…

Les jardins d’hiver sont une option de plus en plus tendance, les pays de l’Europe du nord les ont intégrés dans leur cahier des charges (KAT, Betterleven) pour des aspects bien-être (bain de poussière, augmentation de la surface par poule, accès à l’exterieur). Ils permettent en cas de risque Influenza aviaire élevé de maintenir à l’intérieur les animaux sur une surface plus importante.

En termes de marketing, c’est aussi un moyen de se différencier du code 2 « classique » et du code 1.

Autre option en vogue : la lumière naturelle, « ce n’est pas forcément une cause de picage d’après les premiers essais réalisés mais il faut éviter les contrastes, les taches lumineuses, cela demande de repenser tout l’équilibre du système en travaillant sur la génétique, l’enrichissement du milieu pour occuper les poules », souligne-t-il. Néanmoins, les accidents (picage/cannibalisme) ne sont pas exclus et il reste beaucoup d’inconnues et de sujets de recherche à approfondir (spectre UV/IR, filtre sur les fenêtres, direction, fréquence, contraste, programme, etc.).


Amortissement des élevages en code 3 : La situation à fin 2016

Cages aménageables            Renouvellement des cages Bâtiment neuf
Bâtiment 22 % 44 % 32 %
Places 17 % 39 % 43 %
Age des bâtiments (année de construction) Entre 1980 et 2005 (moyenne 1990) Entre 1975 et 2003 (moyenne 1991) A partir de 2005 jusqu’ en 2013 (moyenne 2010)
Capacité moyenne 40 000 47 000 71 000
Montant de l’investissement de mises aux normes (€/place) <5 15 26
Capital restant dû (au 31/12/2016) en €/place 1,5 7,5 12,5
Echéance théorique du remboursement* 2018 2022 2026

*1,25 €/place

Source : Itavi