Le volet agricole du Grand Plan d’investissement se précise

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De gauche à droite : Laurence Neveu, éleveuse, Rémi Cristoforetti, directeur et président de la coopérative Le Gouessant et Christophe Mirmand, Préfet de la région Bretagne

Les retombées concrètes des Etats Généraux de l’Alimentation se sont faites attendre mais la semaine précédant le Space, Christophe Mirmand, Préfet de la région Bretagne, a annoncé le 3 septembre à la presse sur l’exploitation de Pierrick et Laurence Neveu, éleveurs de poules pondeuses biologiques en Ille et Vilaine (Coopérative Le Gouessant), comment le volet agricole du Grand Plan d’investissement (GPI) allait prochainement être décliné.

A ses côtés ce jour-là, Olivier Allain, vice-président du Conseil régional de Bretagne, chargé par le ministre de l’agriculture d’accompagner la déclinaison territoriale du plan en faisant connaître les outils et financements mobilisables aux acteurs économiques, et d’identifier dans chaque région des projets structurants et innovants, représentatifs de la transformation que souhaite soutenir le gouvernement. Etaient également présents Vincent Steinmetz et Loïc Gouëllo, ingénieurs généraux de la mission d’appui du ministère de l’agriculture, la députée Laurence Maillart-Méhaignerie, le directeur et le président de la coopérative Le Gouessant, Rémi Cristoforetti et Thomas Couepel.

5 mds d’€ sur 5 ans

Doté de 5 milliards d’euros sur cinq ans, le volet agricole du GPI a vocation à être un instrument clef de la transformation des secteurs de l’agriculture, de l’agroalimentaire, de la forêt et du bois, de la pêche et de l’aquaculture. Sur ces 5 milliards, 2,8 milliards d’euros sont destinés à l’amont (toutes filières confondues) et 2,2 milliards à l’aval.

Cette enveloppe doit permettre d’accompagner les orientations stratégiques des plans de filière élaborés par les interprofessions, par la mise en œuvre de projets concrets dans les territoires. Trois grands axes structurants ont été définis pour répondre à la fois aux besoins d’investissements des acteurs économiques de l’amont et de l’aval des filières et pour soutenir les dynamiques d’innovation associant les acteurs dans les filières et les territoires : transformation de l’amont agricole et forestier, amélioration de la compétitivité de l’aval agricole et forestier, innovation et structuration des filières. L’enjeu est d’augmenter la compétitivité des filières, de mieux résister à la concurrence internationale et de mieux répondre aux attentes des consommateurs.

Ce sont les DRAAF qui seront chargées de valider le financement des projets portés par les éleveurs après avoir vérifié leur adéquation par rapport aux objectifs définis par les plans de filière et le gouvernement (agroécologie, bien-être animal, amélioration des conditions de travail des éleveurs). « Cela concernera potentiellement des projets d’investissements dont le montant dépasse les 300 millions d’euros et pour lesquels les aides PCAEA ne suffisent pas », a précisé Olivier Allain.

Créer de la valeur

Outre le coup de pouce à l’investissement et son effet levier potentiel, ce sont également les nouveaux outils mis en place dans le cadre du GPI et surtout leur application qui sont très attendus par les professionnels des filières de production. A savoir : le contrôle des promotions avec l’augmentation des seuils de revente à perte (SRP), et des négociations entre distributeurs et organisations de producteurs reposant sur les coûts de production.

Se rajoutent des outils de garantie financière réduisant les risques pour les porteurs de projets : l’État se prête caution et prend le relais via la BPI en cas de déficience de paiement.