Le poulet bicyclette soutenu par Bill et Mélinda Gates

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« Les poulets peuvent stopper la pauvreté », estime Bill Gates. La fondation Bill et Melinda Gates, « dynamise la production de « village chicken » dans plusieurs pays d’Afrique avec la volonté de donner du pouvoir aux femmes », détaille Louis Perrault, Hendrix Genetics. Le premier objectif est de « sélectionner des poulets capables de résister à plusieurs heures de transport la tête en bas, au stress thermique, tout en assurant la production d’oeufs et de viande », souligne-t-il. Les marchés et les buts sont différents selon les pays, concernant les trois pays les plus peuplés de la zone Afrique de l’Ouest « l’Éthiopie souhaite produire essentiellement des œufs alors qu’au Nigéria et en Tanzanie les volailles sont produites pour leur viande », précise-t-il. Ce sont majoritairement les femmes qui élèvent les volailles « qui ont davantage les pieds sur terre, elles souhaitent avoir un élevage productif avec un nombre d’oeufs ou une quantité de viande optimale alors que les hommes se basent sur l’apparence de la volaille », observe-t-il.

Depuis 2016, Ceva, la Sasso (Hendrix Genetics), travaillent ensemble sur un projet : le poulet du Faso. L’objectif est d’augmenter d’un million de poulets la production au Burkina Faso. Il était nécessaire de « sécuriser la production de parentales en Afrique », aboutissant au projet « Sapsa », premier centre de sélection de volaille en Afrique subsaharienne. Un coq local a été croisé avec une poule « traditionnelle » française, permettant ainsi de multiplier par 15 le nombre de poussins d’un jour par rapport au poulet local. « Ces poulets ont le même goût que les poulets locaux et sont aussi robustes, toutefois ils grandissent deux fois plus vite » précise-t-il. Les poussins sont vaccinés contre la maladie de Newcastle avant de quitter le couvoir, sachant que l’Afrique subsaharienne a un taux de protection de 50 % contre cette maladie. Un suivi de vaccination est réalisé à la ferme où ils sont élevés jusqu’à six semaines puis revendus. L’ensemble du projet permettant d’élever un nombre plus important de volailles avec une rotation plus rapide est géré par des personnes locales.

Maëva Jégou