Le photovoltaïque, rentable à condition de maîtriser le raccordement

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«L’importance de l’ensoleillement disponible dans nos départements permet de développer des projets photovoltaïques avec une rentabilité avérée, assure Yoann Marty, conseiller spécialisé énergie à la Chambre d’agriculture du Gers. En aviculture, la production et la vente d’électricité permettent de prendre en charge une grande partie de l’investissement bâtiment et aménagement. Avec les conditions actuelles (aides diverses, taux d’intérêts) et le photovoltaïque, on doit arriver à financer entre 80 et 100 % de l’investissement.»

Jusqu’à une puissance de 100 kWc – soit entre 55 et 600 m² de toiture couverte – les tarifs de l’électricité produite sont réglementés (entre 0,1146 et 0,19 € le kWh) avec obligation de rachat par EDF «qui est un bon payeur». Un contrat d’une durée de 20 ans est conclu entre EDF et le producteur d’électricité. Garantis 25 ans, les équipements ont une durée de vie de 25 à 30 ans et «tombent rarement en panne». L’installation peut se faire sur un bâtiment neuf mais aussi sur un bâtiment existant «sans enlever la toiture». Pour supporter le poids des modules, un renforcement de la charpente pourra être nécessaire. «Il faut compter environ 10 000 euros par bâtiments.» En termes d’entretien, «les bâtiments volailles ont l’avantage de ne pas générer trop de poussière». Un nettoyage des panneaux une fois par an sera suffisant (0,75 euros par mètre carré).

Mettre en place des panneaux photovoltaïques nécessite cependant de respecter quelques contraintes. «Pour obtenir un permis de construire, il faut prouver que le bâtiment est nécessaire à l’activité agricole et que l’installation n’est pas nuisible pour le paysage.» A noter également que la durée d’instruction administrative des dossiers est très longue. «Il ne faut donc pas se marier trop tôt avec l’installateur car la technologie évolue très vite et les prix baissent», conseille Yoann Marty.

La rentabilité du dossier repose néanmoins sur les possibilités de raccordement au réseau. Pour les installations de moins de 36 kWc, on peut théoriquement brancher en basse tension, mais il faut faire très attention à l’état du réseau. Pour les plus de 36 kWc, on branche en moyenne tension, sur la ligne qui porte le transformateur. Et la facture peut vite s’envoler. «Pour un 100 kWc le coût moyen constaté est de 14 000 € pour lesquels on ne peut obtenir aucune aide. Pour un 250 kWc, on passe à 48 000 €, sans compter la taxe S3RENR de 69,69 € par kWa…» Pour limiter les coûts de raccordement il est toutefois possible d’expatrier le point de livraison au plus près du transformateur… «à condition que l’agriculteur possède la maîtrise foncière du terrain qui sépare le bâtiment du transformateur».