Le compostage apporte une plus-value

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Bien qu’il implique du travail et des coûts supplémentaires, le compostage permet d’apporter une véritable plus-value au fumier. Les retours d’expérience positifs rendent cette pratique de plus en plus populaire et rentable, notamment grâce à l’essor de l’agriculture biologique. « Le compostage permet à la fois d’hygiéniser, d’homogénéiser et de stabiliser ces produits mais également de les désodoriser, ce qui réduit les distances d’épandage aux tiers et permet de les vendre plus facilement. Cela peut constituer un vrai complément de revenus» souligne Gaëlle Pauthier, animatrice avicole à la chambre d’agriculture des Pays de la Loire.

En réduisant le volume des fumiers de 30 à 50% et leur masse de 20 à 30%, le compostage engendre également des économies substantielles sur le stockage et le transport. Côté production, établir une connexion directe entre l’élevage et la station de compost est un moyen efficace pour optimiser à la fois les coûts de production et l’impact écologique. « L’idéal est de lancer le compost directement en sortie de poulailler afin de bénéficier de l’action des bactéries. D’autre part, la récupération des eaux de nettoyage des sols permet d’assurer en partie l’apport en eau nécessaire pour passer de 60 à 40% de matière sèche » précise-t-elle.

En matière de méthode, le compostage par aération forcée se révèle plus durable car les bactéries reviennent assez chères à l’achat sur le long terme, tandis que le retournement mécanique demande plus de temps de travail.

« Si un exploitant peut utiliser librement le compost de sa production, le cahier des charges est plus exigeant pour la commercialisation. Des analyses régulières sont obligatoires pour vérifier la conformité du produit à la réglementation de l’amendement organique et cela a évidemment un coût » rappelle Gaëlle Pauthier. S’il n’est pas chiffrable et plutôt inattendu, l’atout du compostage qui soulève unanimement l’enthousiasme des exploitants reste l’affranchissement aux nombreuses contraintes administratives du plan d’épandage. Une motivation qui se suffit à elle-même pour convaincre de nombreux éleveurs à franchir le pas.