L’automoteur Lavicole récompensé par trois étoiles au Space

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Entièrement révisé et nettoyé pour l’occasion, l'automoteur Lavicole exposé sur le Space était celui utilisé dans l’entreprise de lavage de Guy Raymond depuis un an.

Si l’automoteur de nettoyage Lavicole a largement soulevé l’enthousiasme sur le salon, son succès était loin d’être acquis pour ses inventeurs. « Même si ça peut sembler incroyable à dire aujourd’hui, les prestataires de service étaient convaincus que seule la main de l’homme était capable de laver. Il a donc fallu leur faire accepter le potentiel de la robotisation avant de se lancer » se remémore Guy Raymond, initiateur et partenaire du projet avec le constructeur Rabaud. Indispensable sur le plan sanitaire, cette opération à la fois minutieuse et physique est pourtant particulièrement redoutée par les éleveurs. Si le recours aux prestataires de nettoyage a semblé un temps la parade idéale pour s’en décharger, ces derniers ont rapidement été confrontés aux difficultés de recrutement. « Tenir une lance à haute pression à longueur de journée est tellement exténuant que les ouvriers ne s’engagent jamais sur le long terme. C’est d’ailleurs pour réduire cette pénibilité que m’est venu l’idée de développer un robot de nettoyage » précise-t-il. Lui-même ancien éleveur et actuellement à la tête d’une entreprise de lavage avec Coop’Eveil, il a ainsi pu transposer les besoins de la filière avicole dans un appareil mécanisé et automatisé.

Entièrement radiocommandé par un opérateur, le chenillard assure un nettoyage complet du bâtiment avicole en mettant à contribution quatre dispositifs de lavage. « Un bras articulé permet de faire la partie aérienne tandis qu’un couloir de lavage réglable se charge des équipements avec une buse pour l’attaque et deux rotabuses pour le nettoyage. On a aussi pensé aux finitions avec une lance à main et un pulvérisateur à mousse  » détaille Yoann Meillerais, commercial France. Même si ce n’était pas l’objectif initial, l’automoteur Lavicole permet également de gagner une heure de temps de lavage en moyenne par bâtiment avec le concours d’un pilote expérimenté. Basé sur un débit standard de 5.2 m2 par heure, l’appareil fait aussi faire de substantielles économies d’eau. « Non content de remplir les exigences d’un lavage manuel, nous avons constaté que la machine surpasse largement la main d’œuvre en terme de qualité. On rend désormais des bâtiments quasiment neufs, le tout avec de bonnes conditions de travail » témoigne Guy Raymond. Disponible en option, le groupe haute pression mobile assure l’alimentation du robot à partir d’une cuve de 1000 litres placée à l’extérieur du bâtiment.

Bien qu’il soit présenté comme une nouveauté, l’automoteur Lavicole est avant tout le résultat d’une expérimentation intensive menée sur site depuis deux ans par les deux partenaires. « Depuis, on n’a pas cessé les allers-retours avec les équipes de terrain pour observer la machine et tester de nouvelles idées. Elle a commencé par se casser la figure, on a brisé de nombreuses assiettes mais ça nous intéresse car on veut être opérationnels » explique Yoann Meillerais. Pour l’instant, le seul exemplaire de Lavicole produit par Rabaud est exploité depuis un an dans l’entreprise de nettoyage de Guy Raymond. Mais face à l’enthousiasme soulevé par ses premiers résultats, l’automoteur ne devrait pas rester un modèle unique bien longtemps. « Suite aux nombreux échanges avec les professionnels sur le salon, nous envisageons d’apporter quelques modifications. Nous avons notamment eu des demandes spécifiques en poules pondeuses en volières qui sont des espaces plus complexes à appréhender » ajoute-t-il. Si les coûts de lancement le réservent pour l’instant davantage aux prestataires de service et aux groupements d’éleveurs, l’automoteur de nettoyage Lavicole devrait pouvoir compter sur son succès pour se démocratiser.