États généraux de l’alimentation : Une charte en attendant la loi

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Le 14 novembre, l’ensemble des acteurs de la production, de la coopération, de l’industrie et la distribution ont signé la charte d’engagement des États généraux de l’alimentation. Cette charte d’engagement vise une relance de la création de la valeur et son équitable répartition au sein des filières agroalimentaires françaises.

Les signataires s’engagent ainsi à traduire les évolutions sur la construction du prix « en marche avant » actées par les États Généraux de l’Alimentation dans les négociations commerciales en cours. Leur traduction dans la loi interviendra au 1er semestre 2018.

Premier en part de marché, Michel-Edouard Leclerc, jusque-là réticent, s’est finalement laissé convaincre de signer la Charte.

Cependant, la FNSEA et son réseau ont déclaré rester attentifs au respect de la Charte lors des prochaines négociations commerciales.

Également signataire, Coop de France émet de sérieux doutes sur sa véritable portée économique : « les bonnes intentions, seules, ne peuvent transformer des années de relations déséquilibrées en matière de négociations commerciales et demande au gouvernement d’aller plus loin pour relancer la création de valeur au profit des agriculteurs. »
De leur côté, les agriculteurs signataires s’engagent à renforcer l’organisation économique des producteurs en se regroupant au sein d’organisations de producteurs (OP) et d’associations d’OP et en s’impliquant dans les interprofessions. Cet engagement vise à favoriser le dialogue au sein des filières et structurer un lien avec les consommateurs et leurs attentes en matière d’alimentation.

Prochaine étape : la remise par les interprofessions, d’ici le 10 décembre, des plans de filières, et le projet de loi en 2018 qui devra apporter certaines précisions.

Si la FNSEA et les JA se félicitent de cette étape accomplie, Coop de France, de son côté, ne cache pas ses réserves. « Coop de France a toujours défendu l’idée que l’évolution des relations commerciales devait reposer sur deux leviers : un levier législatif et réglementaire, d’une part, et un levier comportemental, d’autre part. La charte proposée par le gouvernement et signée aujourd’hui n’active que le levier comportemental, ce qui, pour Coop de France, est une source d’insatisfaction et de profonde inquiétude », déclarait la Fédération.