Du travail, du courage, et 3 bâtiments en 4 ans !

Extrait de la revue Filières Avicoles numéro 807, Avril 2017, p.57. Auteur : Mathilde Lecoupeur.

707

Désireux d’optimiser son exploitation avicole et d’améliorer sa marge PA par le biais de bâtiments compétitifs aux équipements modernes, Julien Le Fur, éleveur dans le Finistère depuis 2012, a fait construire mi-2016 un troisième bâtiment de 1200 m². Un poulailler destiné aux pintades, coquelets et poulets qu’il produit annuellement aux côtés de la société Savel.

Chaque début d’hiver depuis maintenant sept ans, les chambres d’agriculture de Bretagne, en partenariat avec les organisations de production, organisent des portes ouvertes. A chacune d’elles, un thème. Aussi, si certains sujets tels que l’installation, les économies d’énergie, la rénovation ou encore l’organisation du travail ont d’ores et déjà été traités lors de précédentes sessions, ce sont les équipements innovants qui ont été au cœur de la journée du vendredi 20 janvier 2017 s’étant tenue dans le Finistère, chez Julien Le Fur.

Un bâtiment tous les deux ans
« J’ai toujours été dans le milieu agricole » confie Julien Le Fur qui, après avoir travaillé près de onze ans comme employé dans un élevage de poules pondeuses, a fait le choix de se lancer à son compte en reprenant un bâtiment avicole de 1250 m².
Démarré au 6 janvier 2012, ce dernier, construit en 1981 et dans lequel sont produits pintades et coquelets – à hauteur de respectivement « 16 pintades du m² » et « 34 coquelets du m² » -, ainsi que des poulets de chair, s’est rapidement vu rejoint, deux ans plus tard, par un second bâtiment de 1000 m² inauguré au début du mois de novembre 2014. Lui-même suivi, dans un délai de temps équivalent, d’un troisième poulailler de 1200 m² pour une surface d’exploitation totale d’aujourd’hui 3450 m².

La vocation de ces projets successifs : « optimiser ma structure pour dégager davantage de marge » a répondu Julien Le Fur. Et cela passe par un choix méthodique des matériels installés. Car en effet l’éleveur est seul pour gérer ses trois bâtiments, ce qui requiert une bonne gestion du temps ainsi que le recours à des systèmes automatisés.
Au niveau fonctionnement, ses poulaillers alternent chacun au niveau des productions, d’où leurs dimensions.

« Je fais dans tous de la pintade, mais aussi des coquelets, c’est pourquoi mes bâtiments ne sont pas plus grands » explique-t-il.

Et l’ensemble des poulaillers fonctionne en bande unique, de sorte à ce que « le vide sanitaire soit effectué de façon synchrone au sein des trois  ». Une étape d’ailleurs particulièrement chronophage pour l’éleveur, qui tient toutefois à effectuer lui-même cette dernière. « Je mets environ 60 heures, mais je sais comment le travail a été réalisé ». La désinfection est quant à elle effectuée par le groupe CTH. Pour le sol, avant l’arrivée des volailles, « j’utilise un mélange de chaux additionné de sulfate d’ammoniac » nous a-t-il confié. Aucun de ses bâtiments ne repose en effet sur du béton en raison du coût suscité par un tel revêtement.

Des équipements modernes…
Commencé mi-août 2016 après un terrassement effectué au mois de juin, « mon troisième poulailler a été monté en à peine trois mois » a précisé Julien Le Fur, qui s’est lui-même chargé, épaulé de deux personnes, du montage de la coque de son bâtiment. De réalisation Mafrel/Serupa, ce dernier, financé avec l’aide de la Savel, du crédit mutuel de Bretagne (CMB) et de la région (PCAE), est typique des bâtiments nouvelle génération.

Entièrement équipé de matériels Tuffigo Rapidex, excepté pour le chauffage (Systel) et les pipettes (Lubing), il revêt des produits « relativement nouveaux sur le marché » a déclaré Christian Nicolas, conseiller au pôle aviculture de la chambre d’agriculture du Finistère. Ci après les caractéristiques de ces derniers :
leds titanium (24 watts et 4 700 K), dont l’intensité est régulable de 0 à 100 % pour un éclairage « plus économique comparé à d’autres solutions d’éclairages » a expliqué Bastien Cougard, gérant, avec Anthony Courtay, de l’entreprise Elevagelec.
chaînes d’alimentation Lineplus spécialisées poulet. Pourvues d’un cône transparent, elles permettent de visualiser rapidement la quantité d’aliment et ont pour but de faciliter les démarrages. Ce au travers d’une meilleure accessibilité des poussins à l’aliment via un débordement permis par l’ouverture d’une lucarne dont l’usage est préconisé les trois à quatre premiers jours de vie des volailles. Un atout faisant gagner « un temps précieux dans la préparation », mais aussi lors du lavage grâce au système de basculement inclus. Et leur utilisation semble avoir répondu aux attentes de l’éleveur puisque, après seulement un lot dans son nouveau bâtiment, « Julien Le Fur a pour projet d’équiper également un deuxième bâtiment avec ces chaînes d’alimentation ».

…100 % connectés
Et la liste ne s’arrête pas là :
sonde d’hygrométrie extérieure permettant de surveiller instantanément la température et l’humidité extérieure. Ce afin de calculer l’enthalpie de l’air dans le but d’économiser du chauffage via un apport « au plus près des besoins réels ». Installée pour la première fois, son coût est d’environ 780 €, mais son utilité profite à l’ensemble des trois bâtiments de l’exploitation de Julien Le Fur.
système de pesage. De plus en plus installé au sein des poulaillers, cet appareil assure un suivi quotidien de l’évolution des animaux pendant le lot. A noter que le poids est une variable clé pouvant délivrer des informations majeures en élevage telles que la santé, le GMQ etc.
système de purge des pipettes. Matériel qui lui aussi trouve sa place dans les élevages et apporte notamment un confort de travail aux éleveurs. Une programmation des purges automatiques est également possible avec le système AviTouch, mais Julien Le Fur n’a pas encore usé de ce recours car il souhaite, du moins pour l’instant, encore contrôler celles-ci manuellement.

Les trois bâtiments sont par ailleurs tous contrôlés via une Vigebox et sont connectés sur le Cloud de MyTuffigoRapidex. Ainsi, toutes les données sont remontées automatiquement et font l’objet de sauvegardes régulières, pour une sécurité optimale en cas de panne, les dernières données faisant foi et permettant de relancer les bâtiments au plus vite avec des paramètres récents. Un atout lorsque l’on sait qu’il faut compter près d’un an avant qu’un poulailler ne soit correctement calibré et fonctionne « en routine ».
A noter aussi qu’une fiche d’élevage peut être générée et permettre la comparaison avec des courbes de référence, ce afin d’aider les éleveurs à se situer au cours de chacune des phases de production.

Parti seul de la reprise d’un bâtiment de 1250 m² en 2012, Julien Le Fur a su faire les bons choix pour accroître son activité. Aujourd’hui, quatre ans plus tard, le nombre de ses poulaillers ainsi que la taille de son exploitation ont triplé, et reflètent la volonté des groupements avicoles français à se montrer compétitifs.