Du conventionnel au plein air : attention au risque d’E. coli

844

Bernard et Ginette Daugan sont installés en pondeuses à Saint-Malon-sur-Mel (35) depuis 1982. En 2018, ils ont décidé de convertir un bâtiment cage en volière plein air. L’agrandissement de 10 m de long et 4 m de large leur a permis de conserver une capacité de 27 000 poules. L’EARL L’Œuf de Brocéliande conserve également un bâtiment cage de 37 000 poules.

Yoan Leray, associé des exploitants, revient sur cette conversion qui a apporté quelques changements dans la gestion de l’exploitation.

Comment s’est passé la prise en main du nouveau bâtiment, la volière a-t-elle changé votre façon de travailler ?

Pour moi, c’était mon premier lot, donc nous sommes partis de zéro. Nous avons appris sur le tas, en nous renseignant au fur et à mesure et en observant le comportement des animaux dans le poulailler, le taux de ponte, etc.

Avez-vous eu des difficultés particulières au début ?

Nous avons eu un problème d’E. coli quand on a ouvert l’accès au parcours, qui a provoqué 10 % de perte. Les poules n’étaient pas vaccinées. Nous n’avions pas anticipé ce point, étant donné qu’en cage, le risque d’E. coli est moins présent et se gère beaucoup mieux. Désormais, les prochains lots seront systématiquement vaccinés !

L’E. coli s’est ensuite transmis de l’élevage en volière à l’élevage en cage. Mais pour ce dernier, nous avons pu nous en débarrasser en 15 jours, tandis qu’en volière, il nous a fallu 7 à 8 mois, car la contamination se renouvelait, notamment lorsque le temps était pluvieux.

Êtes-vous satisfait du choix du matériel ?

Oui. Il y a toujours des petites modifications à faire. On s’en rend compte au fur et à mesure. Par exemple, les œufs avaient tendance à se salir entre eux au niveau des plateaux. Il a fallu rajouter des câbles pour les maintenir propres. Nous avons dû également bien fixer ou protéger tous les éléments en hauteur, car les poules se perchaient dessus au démarrage.

Les poules se sont-elles bien approprié la volière dès le démarrage ?

Le soir de leur arrivée, nous avons baissé la lumière. Mais un technicien a rallumé, ce qui a fait redescendre les poules. Nous avons alors dû remonter entre 3500 et 4000 poules manuellement. Heureusement, dès le lendemain, il n’y en avait plus que 1000 et au bout d’une semaine, il n’en restait plus qu’une vingtaine par terre.

Avez-vous de bons résultats concernant la ponte au sol ?

Oui ! Je ramasse à peu près 90 œufs par jour, ce qui est dérisoire.

La volière vous demande-t-elle plus de travail que la cage ?

Oui, la volière nécessite plus de présence, notamment au démarrage. Nous avions été prévenus qu’il faudrait compter 2 à 3 semaines pour les amener sur le système. Nous avons prévu un peu plus large par sécurité. Et à la fin, le nettoyage demande aussi beaucoup de travail.

Le passage de la cage a la volière a-t-il impacté votre chiffre d’affaires ?

Nous avons pu conserver le même nombre de poules, grâce à un agrandissement de plus de 500 m2. Donc même si nous n’avons pas encore terminé les bilans comptables, a priori la volière ne devrait pas impacter le chiffre d’affaires.

La volière a-t-elle eu un impact sur vos performances ?

Le taux de ponte est monté jusqu’à 95-96 % au démarrage, mais il a chuté à 82 % à la fin du lot. La baisse de production est plus soutenue en volière qu’en cage, mais les œufs sont plus gros en volière. Ils pèsent jusqu’à 64-65 grammes contre 62 grammes en cage.

Avez-vous des projets pour les bâtiments toujours en cage ?

Non, nous attendons, car le crédit est toujours en cours. Nous espérons pouvoir amortir les cages jusqu’au bout. C’est le marché qui le déterminera. Dans tous les cas, nous n’avons pas assez de surface pour faire du plein air.