Dinde et poulet : comment choisir sa production ?

2175

Éleveur de dindes et de poulets lourds à Trédion (56), Jean-Michel Choquet compare les deux productions : opportunités de marché, technicité, contraintes… Quelques informations à connaître avant de se lancer dans l’une ou l’autre de ces productions.

Quels sont selon vous les avantages et les inconvénients de la production de poulets ?

Le poulet représente un marché en croissance grâce à la reconquête du marché intérieur. C’est un avantage certain, ne serait-ce que pour la restructuration de la filière, le maintien et développement des exploitations. Grâce à l’engouement pour le « consommer français » et à toutes les campagnes sur ce thème, la production a tendance à recruter et on commence à substituer du poulet français au poulet d’importation, notamment d’Europe du Nord, en restauration hors foyer. Cependant, étant donné la hausse de la consommation, la hausse de la production ne suffit pas à regagner des parts de marché en pourcentage, mais seulement à servir la croissance.

Cette reconquête est une réelle opportunité, notamment pour la filière avicole bretonne, à la fois pour le Morbihan et les Côtes-d’Armor qui sont déjà sur ce marché-là. Cela va aussi permettre de régler le dossier Doux, car la reconquête du marché intérieur arrive à point nommé pour se substituer à l’export qui est sur le déclin.

Quelles sont les opportunités de marché pour la dinde ?

Aujourd’hui en dinde, on est sur un marché mature, qui représente entre 850 000 et 900 000 dindes par semaine. Le marché n’est donc pas un relai de croissance, il permet juste le maintien des débouchés actuels. Par ailleurs, notre production est aussi menacée par des pays en plein développement, comme la Pologne qui nous envoie parfois du filet pendant leur période de surproduction, ce qui nous déstabilise un peu. Ceci dit, il faut que l’on maintienne notre part de marché actuelle.

Cependant, la production de dinde est parfois aussi attaquée par celle de poulet lourd, qui peut se substituer à la dinde pour certains usages, car on n’est pas sur le même coup de revient. Produire un kilo de dinde coûte plus cher que produire un kilo de poulet. Normalement, la dinde est mieux valorisée en terme de prix pour les éleveurs. Mais en marge nette on est à peu près dans les mêmes eaux, sauf que c’est une production où il y a moins d’investissement qu’en poulet. Ça s’équilibre donc ainsi.

En dinde, existe-t-il un besoin de renouvellement important des bâtiments et des éleveurs ?

L’élevage de dinde souffre d’un sous-investissement. Il y a certainement des schémas à tester. Aujourd’hui, les bâtiments que l’on a conviennent très bien à l’engraissement des animaux. En revanche, les périodes de démarrage peuvent être assez difficiles, car les bâtiments ne sont plus très adaptés, notamment aux nouveaux standards des souches. Une attention particulière doit être apportée au démarrage des animaux. L’idéal serait donc un schéma avec des poussinières dans des bâtiments récents et consacrer les bâtiments actuels, souvent de l’ancienne génération, à l’engraissement. L’étude Néodinde (2014, Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire et Itavi) avait expertisé ce genre de piste. Cela pourrait permettre d’apporter un nouveau standard de production pour la dinde et un peu de compétitivité. En effet, on gagnerait en rotation, en passant de 2,2 lots à 3 lots par an, même si cela signifie investir dans un bâtiment qui coute un peu plus cher pour le démarrage. Cela permettrait probablement d’apporter un peu de dynamisme dans la filière.

L’accès à la totalité de l’article est réservé aux abonnés à Filières Avicoles.

Entrez votre identifiant et votre mot de passe
pour découvrir la suite

ou

rendez-vous dans notre boutique
pour plus de renseignements
sur nos formules d’abonnement.