Bâtiment nouvelle génération : retour d’expérience

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Il y a un an, Martial Bibard inaugurait un second bâtiment de canards de barbarie de 1320 m2 avec Volineo, portant sa surface d’élevage à 2000 m2. Objectif : mettre fin à la production laitière, trop chronophage, pour pouvoir se consacrer entièrement à la volaille et aux 150 hectares de cultures. Un an après, l’éleveur fait le point sur son nouveau rythme de vie et sur la prise en main de ses nouveaux équipements.

Où en êtes-vous de votre activité en production laitière ?

Les vaches laitières ne produisent plus de lait. Il reste seulement une vingtaine de vaches à engraisser avant leur départ.

Mais étant donné que j’ai une trentaine d’hectares en prairie, j’ai racheté un petit lot de Limousines pour occuper les terres qui ne sont pas fauchables.

Vous aviez fait cette conversion pour avoir plus de temps pour vous, est-ce le cas ?

Oui, pour l’instant je n’ai pas de regret à ce niveau-là ! J’avais des difficultés à gérer la main d’œuvre entre la traite le matin et le soir, la volaille et les cultures… ça demandait beaucoup de travail. Depuis que nous avons concentré notre activité sur les deux productions volailles et cultures, l’organisation est plus facile à gérer au quotidien.

Avez-vous réduit votre main d’œuvre ?

J’ai toujours un salarié. J’attends de voir au niveau comptable si nous pourrons le garder. Mais au niveau boulot, il y a de quoi occuper tout le monde ! Notamment parce que je n’engage pas d’équipe pour les vides sanitaires. Le salarié me donne un coup de main à ce moment-là.

Vous avez investi dans du matériel nouvelle génération, comment s’est passé la prise en main ?

La Cavac a fait une formation avec Sodalec pour tout ce qui concerne la gestion du bâtiment, avec notamment l’utilisation des tablettes Megavi Connect. Pour le suivi du bâtiment, c’est très appréciable. J’ai fait installer Internet, car j’habite à 1 km du bâtiment. Je peux désormais suivre l’élevage en temps réel depuis chez moi, consulter le boîtier, voir ce qu’il se passe à l’intérieur du bâtiment, et même modifier des paramètres si besoin ! Après, il y a tellement de choses à savoir que l’on apprend petit à petit.

Êtes-vous satisfait de vos choix d’équipements ?

Oui ! Les racleurs fonctionnent très bien. Les pipettes aussi. Les assiettes Leroy sont bien pratiques. Elles évitent d’avoir trop de becquées au démarrage. Si c’était à refaire, je changerais seulement les canons par des radiants, car j’ai eu des problèmes au démarrage sur le premier lot. A l’époque, il faisait -4 °C dehors. Le bâtiment n’avait jamais reçu de volailles et il a fallu le chauffer davantage.

Comme les canards sont épointés, leur bec est fragile et taper dans la bille de la pipette leur fait mal. Ils préfèrent boire dans une petite coupelle. J’ai donc doublé les coupelles sous les pipettes et mis un petit bouchon pour faire un goutte à goutte. Le problème, c’est que les alvéoles sous les pipettes se sont rapidement transformées en piscines. Les canetons venaient se baigner dedans et étaient trempés. Les canons, c’est bien pour la chaleur ambiante, mais les canards ne séchaient pas vite. Tandis que sous les radiants, les canards humides auraient pu sécher en une heure.

Ensuite, j’ai changé un peu mon principe de démarrage. Je mets beaucoup moins d’alvéoles et je les mets à l’envers pour que l’eau ne stagne pas à l’intérieur. Et j’ai doublé les coupelles pour qu’ils puissent tremper leur bec. On a ainsi largement amélioré la mortalité de démarrage.

Le deuxième lot s’est amélioré un peu, et les deux derniers lots se sont bien passés. Mais si c’était à refaire, je mettrais des radiants.

Avez-vous effectué d’autres modifications ?

On a revu tous les pieds de séparations. J’avais des pieds de séparation avec des supports en inox qui se fixaient sur les caillebotis. Mais les supports étaient beaucoup trop souples et n’ont pas tenu. On a donc tout changé avec l’équipementier et on est repartis sur des équerres en plastique sur lesquelles on a vissé les pieds. Une fois clipsé sur les caillebotis, ça ne bouge plus !

Des projets sur le premier bâtiment ?

Le premier bâtiment a maintenant 22 ans. Il aurait besoin d’un coup de rénovation, notamment améliorer l’isolation, remplacer les plassons par des pipettes pour économiser l’eau et peut-être l’équiper de racleurs. Mais pour ça, il faudra que l’avenir du canard soit prometteur !