Antibiotiques : des volailles deux fois moins traitées qu’en 2011

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Le dernier rapport de l’Anses révèle que les efforts de lutte contre l’antibio-résistance se poursuivent chez les volailles, avec une réduction de 10 % de l’exposition aux antibiotiques sur 2016-12017. Résultat, les proportions de bactéries résistantes diminuent, que ce soit pour E. Coli,  Staphylococcus aureus ou Enterococcus cecorum, avec néanmoins quelques variations selon les traitements.

Réduction de l’exposition aux antibiotiques

Le tonnage à destination des volailles a beaucoup diminué depuis 1999. En 2017, il est d’environ 95 tonnes, soit 10,3 % plus faible que le tonnage en 2016 et 53,2 % plus faible qu’en 2011.

Depuis 1999, le niveau d’exposition des volailles aux antibiotiques a diminué de 21,3 %. Les volailles sont traitées majoritairement avec des Polypeptides, des Tétracyclines et des Pénicillines, puis avec des Sulfamides et Triméthoprime.

Entre 2011 et 2017, l’exposition des volailles a diminué de 48,7 %. Cette évolution sur les 6 dernières années est en grande partie imputable à une diminution de l’exposition aux Tétracyclines (-61,6 %), Polypeptides (-47,8 %) et Pénicillines (-39,3 %), mais aussi aux Lincosamides (-89,6 %) et Fluoroquinolones (-58,8 %) (Figure 12). Pour rappel, l’usage des Céphalosporines n’est pas autorisé chez la volaille.

Entre 2016 et 2017, l’exposition aux antibiotiques a principalement diminué pour les Polypeptides et les Pénicillines.

Antibiorésistance

Escherichia coli

Chez les canards, les dindes et les poules et poulets, entre 52 % et 67 % des E. coli sont sensibles à l’amoxicilline. La non-sensibilité (bactérie résistante ou intermédiaire) au ceftiofur est retrouvée chez 3 % des E. coli isolés chez les canards, 2 % chez les poules et poulets et 1 % chez les dindes. Pour ces trois espèces animales du secteur avicole :

– les E. coli restent majoritairement sensibles aux aminosides comme la gentamicine (molécule la plus testée), pour laquelle les proportions de sensibilité sont supérieures ou égales à 96 % ;

– les proportions de E. coli sensibles à la tétracycline sont très proches ou égales à 60 % chez les poules et poulets ainsi que chez les dindes. Cette proportion est plus faible chez le canard (41 %) ;

– de 75% à 80% des antibiogrammes montrent une sensibilité au triméthoprime ou à l’association triméthoprime-sulfamides chez les poules et poulets ainsi que chez les dindes. Ces proportions sont inférieures chez les canards (61 %) ;

– les proportions de E. coli sensibles à l’enrofloxacine (fluoroquinolone la plus testée) sont similaires entre ces trois filières avicoles : 94 % à 98 %.

Chez les poules et poulets, les proportions de E. coli sensibles sont également présentées en séparant les poules pondeuses (œufs de consommation et à couver) des poulets de chairs.

Staphylococcus aureus (poules et poulets)

La très grande majorité des S. aureus provenant de poules et poulets est sensible aux antibiotiques les plus fréquemment testés, de 85 % pour la doxycycline à 99 % et 100 % pour, respectivement, la gentamicine et la néomycine. Parmi les 417 S. aureus testés vis-à-vis de la céfoxitine, indicatrice de la résistance à la méticilline (SARM), 14 % ont été retrouvés intermédiaires ou résistants. Ce pourcentage est cependant une surestimation de la réelle proportion de SARM. Ainsi, parmi douze souches suspectes qui ont fait l’objet d’analyses complémentaires à l’Anses, seulement quatre étaient effectivement non sensibles à la céfoxitine et possédaient le gène mecA.

Enterococcus cecorum (poules et poulets)

La quasi-totalité des E. cecorum est sensible à l’amoxicilline. L’association triméthoprime-sulfamides et la famille des macrolides-lincosamides sont en revanche moins fréquemment actives avec 24 % à 48 % d’isolats sensibles. Seulement 8 % et 12 % des E. cecorum sont respectivement sensibles à la tétracycline et à la doxycycline.

Source : Anses, Resapath novembre 2018