Adapter sa logistique aux risques sanitaires

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Alain Wiart est éleveur de dindes et de poulets depuis plus de 30 ans à Etaings (62). Lors de notre dernière visite en mai 2018, il évoquait la litière (50 / 50 de copeaux et anas de lin) qui lui permettait d’avoir de beaux coussinets. Si rien a changé de ce côté-là, en revanche, des événements sanitaires l’ont obligé à adapter constamment sa logistique.

Comment votre exploitation évolue-t-elle depuis juin dernier ?

On a bien progressé sur le plan technique. Aujourd’hui, notre indice de consommation a baissé alors que le poids de sortie n’a pas bougé.

Comment l’expliquez-vous ?

C’est difficile à dire. Cet indice à baissé aussi bien en poulet qu’en dinde. J’ai d’abord pensé que la formulation avait été légèrement modifiée mais j’ai posé la question au technicien, et il m’a dit que l’aliment n’avait subi aucun changement. Est-ce la période ? C’est de l’élevage, ça reste variable !

Sur combien de lots avez-vous constaté cette amélioration ?

C’est le cinquième lot en dinde. Ça fait donc neufs mois pendant lesquels il y a eu une amélioration. Mais avant, je travaillais déjà en copeaux/anas de lin. Ce n’est donc pas lié à la litière.

Ce pourrait-il être lié à la qualité des poussins ?

Jusqu’à il y a peu, j’avais du poussin français du couvoir d’Hem à Wormhout, dans les Hauts-de-France. Mais récemment, ils ont eu un problème et ne pouvaient plus assurer de livraison de poussin garantis indemnes de mycoplasme. Nous avons préféré ne pas courir de risques et rentrer un lot du couvoir Perrot.

On verra les résultats, mais les poussins du couvoir d’Hem, j’en étais très satisfait ! Ils m’ont fourni des lots incroyables, au niveau technique. En poids sorti comme en indice de consommation, je n’avais jamais fait ça !

Il faut donc voir si c’est la même qualité de poussins. Il est trop tôt pour le dire : Les poussins n’ont que deux jours !

En ce qui concerne l’abatage des dindes, vous êtes toujours dans le même abattoir en Belgique ?

Pour l’instant, je travaille toujours avec la Belgique. Mais la coopérative Aviplus a un nouveau débouché avec la société Lionor à Steenbecque, dans le Nord. Ils abattent des dindes de noël et des poulets. Dernièrement, mes deux lots de dindes de noël sont parties là-bas, sans doute parce qu’elles sont plus petites.

Pour les prochains lots, allez-vous retravailler avec les abattoirs belges ?

Pour l’instant, je ne sais pas. Un des abattoirs en Belgique a eu un problème de salmonelle : ils n’ont plus le droit d’abattre pendant trois semaines… C’est arrivé au moment où je devais abattre mes deux bâtiments, tout devait partir là-bas ! On a donc dû trouver d’autres abattoirs, dont Lionor, qui en a pris les trois-quarts.

Finalement, ces évènements sanitaires en Belgique vous ont fait changer vos plannings !

Ne m’en parlez pas ! Ça s’accumule en ce moment… Je devais rentrer deux lots de dindes, récemment, mais le couvoir aux Pays-Bas a eu un problème et n’ont jamais pu me livrer les dindonneaux que j’attendais. Nous avons dû retrouver des dindonneaux, mais je n’en ai reçu que la moitié de chez Hendrix, dans le Maine-et-Loire.

Est-ce difficile d’être approvisionné dans les Hauts-de-France sur ce type de produits ?

En poulet, oui. En dinde, moins. Ceci dit, on a eu un problème de chondrodystrophie sur des lots de dindes. On soupçonne la souche, mais personne ne peut l’affirmer. Une réunion a été organisée avec des vétérinaires pour en savoir un peu plus. Au départ, ils pensaient que le problème était lié à une croissance trop rapide. Mais ils ont changé d’avis. On n’en sait pas beaucoup plus aujourd’hui.

Et concernant l’avenir de votre exploitation, avez-vous des projets ?

Je souhaite améliorer encore le confort des animaux. J’envisage d’acheter une pailleuse, de faire ma propre paille afin de mettre un peu moins de litière au début et re-pailler ensuite régulièrement. Outre le confort des animaux, cela devrait permettre de gagner en performance et de réduire les coûts.