À Crédin sur le site de Kérel, Antoine a suivi un BPREA avicole

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En Bretagne, il existe, au travers des différentes actions mises en place au sein de la Chambre régionale d’agriculture, quatre antennes de formation : le site de Saint-Ségal (29), le site Agr’Equip La Bouëxière (35), celui de Quintenic (22), ainsi que celui de Kérel à Crédin dans le Morbihan.

C’est précisément ce site qu’a choisi Antoine Le Digabel pour se former et préparer son projet de reprise de l’exploitation de son père en production de poulettes futures pondeuses (5 000 m² de surface de production). Un projet qui intègre la transformation d’un poulailler situé à Plounevez Quintin (22) pour l’équiper à terme en volière.

« Je n’imaginais pas reprendre la suite de mon père il y a encore peu de temps. C’est en le voyant préparer son départ à la retraite et organiser les visites d’élevage pour trouver un repreneur que ça a fait « tilt » ! »

À 29 ans, pour cet ancien opticien (5 ans d’expérience) reconverti dans le métier de conseiller bancaire, cette nouvelle reconversion est un véritable virage à 180° ! Il explique pourquoi son choix s’est porté sur le centre de formation du site de Kérel : « en fait, il existe peu de site de formation en Bretagne qui permette, comme celui-là, de bénéficier de semaines spécifiques consacrées à l’élevage de volailles ». Lui qui a bénéficié d’un Congés Individuel de Formation (CIF), il a intégré en septembre 2016 la promotion de BPREA spécialité avicole en alternance. Il fait partie des 21 élèves de la session, sachant que 6 d’entre eux ont choisi la même spécialité que lui. Dispensée sur 9 mois avec en moyenne 1 200 heures de cours rythmés de visites d’élevages et d’autres semaines d’immersion au sein d’exploitations différentes, cette formation permet selon Antoine « de se poser les bonnes questions ». Il développe : « au-delà de la partie purement théorique ou des gestes pratiques qui nous sont enseignés, ce type de formation nous apprend à prendre du recul sur des situations concrètes du quotidien. On nous donne les clés pour nous aider à faire les bons choix, et surtout à construire une sérieuse réflexion sur l’idée que l’on a de notre exploitation dans le futur. Choix d’équipements, niveau d’automatisation, installations photovoltaïques, etc. : les exercices et les cas pratiques sont pensés et proposés de telle façon que l’on peut les transposer à notre projet. Tout devient très vite concret. »
La formation comprend également 10 semaines de stage. Une mise en pratique fondamentale pour Antoine : « j’ai la chance de le faire chez Jacques et Pascale Lotout à Canihuel (22) en production de poulettes futures pondeuses au sol et en système volière », indique-t-il. « Le stage permet de découvrir le métier sous un autre angle, et d’aborder le métier d’aviculteur d’une autre façon que celle de mon père. »
Et de poursuivre : « Non seulement il n’y a pas de ‘devoir sur table’ à proprement parlé, mais on insiste aussi sur le fait qu’il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises pratiques et décisions. Tout est une question de justification, l’intérêt étant de comprendre pourquoi tel ou tel choix a été fait. Et si les notions techniques, environnementales, liées au territoire ou encore à la réglementation sont fondamentales, la dimension sociale l’est aujourd’hui tout autant. Je veux dire qu’il est capital de bien savoir dès le départ comment nous souhaitons concilier notre métier avec notre vie privée. L’approche de cette formation nous donne de nombreuses occasions d’y réfléchir. Je considère que ce sujet est très important aussi. » Car pour ce jeune éleveur en apprentissage, célibataire, qui a connu le monde du travail dans le secteur privé, rythmé par des horaires fixes et des week-ends réguliers, le métier d’éleveur de volailles peut représenter un certain nombre d’interrogations en matière de gestion du temps de travail, d’autant qu’il projette de s’installer seul.

« Ce sera une autre manière de vivre que dans le passé certes, mais cette fois je vais devenir mon propre patron ! Au-delà de suivre les traces de mon père, c’est vraiment cette idée de travailler pour moi qui me motive à mener à bien mon projet d’installation. »

À quelques semaines de la fin de sa formation, Antoine se sent prêt à poursuivre ses démarches en vue de son installation et du rachat des parts de ses parents (sa mère est associée non exploitante) prévus en mars 2018. « J’ai encore beaucoup de démarches administratives à effectuer, mais ces mois de formation m’ont donné confiance. J’ai aussi rencontré un grand nombre de personnes aux profils différents, qui m’ont montré que je ne suis pas seul. L’accompagnement et les échanges sont fondamentaux dans la réussite d’un tel projet. Il y a beaucoup de choses à penser et à prévoir, les investissements sont certes parfois lourds, mais avec les bons conseils et entouré des bonnes personnes, tout se fait parfaitement bien ! Il faut foncer ! »

Retrouvez l’intégralité de cet article dans l’un des prochains numéros de la revue Filières Avicoles.