2 éleveurs sur 3 satisfaits de la loi EGAlim

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Selon une étude Ipsos, deux éleveurs sur trois (sur un échantillon d’éleveurs représentant les grandes exploitations) sont satisfait de la loi Agriculture et Alimentation, notamment en matière de bien-être animale. En revanche, ils mettent en garde sur ses implications financières, dont le retour sur investissement n’est pas garanti.

Que pensent les agriculteurs Français de la loi Agriculture et Alimentation en faveur du bien-être animal ? Les mesures les plus connues par les agriculteurs sont l’expérimentation de la vidéosurveillance dans les abattoirs (62%), l’interdiction de la mise en production de nouveaux élevages de poules pondeuses en cage (51%) Cette dernière est également celle qui contribue le plus au bien-être animal selon les agriculteurs interrogés, devant l’expérimentation des abattoirs à la ferme (con nue par 44% des personnes interrogées).

Toujours selon les agriculteurs interrogés, cette nouvelle réglementation devrait permettre de réduire le stress et l’anxiété des animaux (76%) et d’améliorer leur confort (70%). Pour les éleveurs, le principal bénéfice cité est avant tout commercial (67%) : le bien-être animal est aujourd’hui un argument de vente, et son amélioration pourrait aider les éleveurs à mettre davantage en valeur leur profession et leur production.

Autres bénéfices identifiés par les agriculteurs interrogés : provoquer une prise de conscience globale de la filière sur la question du bien-être animal (51%) et ainsi faire changer les mentalités, comme sur l’importance de la relation entre l’animal et l’éleveur par exemple (32%).

Des mesures jugées compliquées à mettre en œuvre pour plus d’1 agriculteur sur 3

Toutefois, certains ne croient pas en cette loi et en ses mesures, jugées compliquées à mettre en place, et nombreuses sont les réserves émises par les éleveurs à son sujet. Selon les agriculteurs interrogés, cette loi vient s’ajouter à une longue liste de réglementations (75%) et fait redouter des contraintes supplémentaires pour les éleveurs. Le principal point de tension est financier : ces mesures sont soit trop coûteuses à mettre en place (54%), soit trop peu rentables par rapport aux coûts consentis (54%).

L’équilibre financier de leur mise en place est fragile, car les éleveurs craignent que la valorisation de leur production ne puisse pas excéder le montant des investissements. Ainsi, les mesures proposées par la loi sont jugées trop compliquées à mettre en œuvre, pour plus d’un éleveur sur 3 (36%).

« La complexification des règles et le coût de ces mesures sont les freins les plus importants de cette loi, d’autant que les éleveurs manquent de garanties et de visibilité sur leurs retours sur investissement, ajoute Laurent Depouilly, Directeur Général d’Ipsos Lyon. Les agriculteurs redoutent également que le rythme de travail des éleveurs, déjà très important, soit impacté, ce qui remet sur la table la question déjà épineuse du bien-être des éleveurs », précise-t-il.

On notera toutefois que pour près d’un agriculteur sur cinq (18%), la loi ne va pas assez loin en faveur du bien-être animal. A l’inverse, 7% des agriculteurs interrogés y voient un effet de mode, voué à disparaitre.

Malgré ces derniers irréductibles, la plupart des éleveurs sont conscients du chemin qu’il reste à parcourir. L’axe de travail prioritaire identifié par les agriculteurs interrogés concerne l’amélioration des conditions de vie des animaux : leur santé (96%), leur hygiène (95%), mais aussi leur alimentation et le confort des lieux de vie (93%) sont tous jugés comme des priorités, à l’inverse de l’automatisation des élevages, bon dernier au classement (23%).

Face à la multiplication des réglementations, les éleveurs attendent des pouvoirs publics davantage de communication sur les bonnes pratiques à mettre en place pour développer le bien-être animal (53%). Pour pallier le coût des investissements, ils souhaitent également des aides financières pour mener leurs projets de modernisation (67%).

Côté filière, les éleveurs sont favorables à l’augmentation de la transparence des pratiques auprès des consommateurs finaux (58%) et attendent également une plus grande valorisation de leur production et de leurs efforts pour le bien-être animal par les consommateurs (79%), avec par exemple avec la création d’un label (43%).